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Deux employés kényans et un médecin somalien d'une ONG enlevés en Somalie (police)

11/07/2012 03:24 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Deux employés kényans et un médecin somalien d'une ONG internationale ont été enlevés mercredi, probablement par des pirates, dans la région autonome somalienne du Puntland, ont annoncé à l'AFP des responsables policiers de Galkayo, ville située près du lieu de l'enlèvement.

"Deux Kényans et un médecin somalien ont été enlevés et les premières indications montrent que les ravisseurs sont des pirates, mais nous continuons d'enquêter", a déclaré à l'AFP l'un de ces responsables, Adan Warsame.

Un autre responsable de la police de Galkayo, Mohamed Ise Hassan, avait auparavant indiqué que les deux étrangers étaient membres d'une ONG internationale, attribuant lui aussi l'enlèvement à des pirates.

"Deux policiers de leur escorte et un chauffeur ont été blessés durant l'enlèvement", a par ailleurs indiqué Mohamed Ise Hassan.

Plusieurs employés locaux d'organisations et d'agences humanitaires à Galkayo et Garowe, capitale du Puntland, ont confirmé ces enlèvements et indiqué à l'AFP que les victimes travaillaient pour International Aid Services (IAS), une ONG basée en Suède.

Interrogé par l'AFP, le siège suédois d'IAS a refusé de "commenter quoique ce soit dans l'immédiat".

Selon Mohamed Ise Hassan, l'enlèvement s'est déroulé mercredi en fin d'après-midi près du village de Ba'adweyn, à une cinquantaine de km au nord de Galkayo, et à environ 200 km au sud de Garowe, d'où étaient parties les victimes.

La ville de Galkayo est située à cheval entre le Puntland et le Galmudug, autre région autoproclamée autonome de Somalie, pays privé de gouvernement effectif depuis 20 ans et en état de guerre civile quasi-permanent.

L'absence d'Etat a favorisé l'émergence de mouvements islamistes, de chefs de guerre, de gangs criminels et de pirates qui règnent sur de plus ou moins grandes portions de territoire.

Puntland et Galmudug sont traditionnellement hostiles aux rebelles islamistes shebab, ralliés à Al-Qaïda, mais abritent des bases de pirates qui s'emparent surtout de voiliers ou navires de commerce croisant dans le golfe d'Aden, de leurs occupants et de leur cargaison et les relâchent contre rançon.

Deux travailleurs humanitaires, un Danois et une Américaine, avaient été enlevés en octobre 2011 à Galkayo et retenus trois mois en otage avant d'être libérés au cours d'une opération de forces spéciales américaines.

Un journaliste américain enlevé de son côté en janvier à Galkayo, est toujours aux mains de ses ravisseurs.

En juin, un couple de plaisanciers sud-africains, enlevé fin 2010 dans l'océan Indien, avait été libéré par les forces de sécurité somaliennes, après semble-t-il être passé des mains de pirates à celles d'islamistes shebab.

Outre le journaliste américain, plusieurs étrangers restent détenus en Somalie, dont un agent des services secrets français, enlevé le 14 juillet 2009 à Mogadiscio par un groupe islamiste, et deux employées espagnoles de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), enlevées dans un camp de réfugiés somaliens au Kenya avant d'être emmenées en Somalie voisine fin 2011.

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