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Des dignitaires chiites saoudiens appellent au calme dans l'Est

11/07/2012 09:29 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Des religieux et des dignitaires chiites saoudiens ont lancé mercredi un appel à la désescalade dans la province orientale du royaume après une poussée de violences qui a fait deux morts.

"Il est nécessaire d'éviter une escalade aux conséquences imprévisibles", ont souligné les signataires de l'appel, dont une copie a été obtenue par l'AFP.

Ces dignitaires, dont l'ancien juge Abdallah al-Khenizi, se sont adressés aussi bien aux autorités qu'à la population. "Tout le monde est appelé à la retenue", ont-t-il souligné.

Aux autorités, ils ont demandé de retirer des blindés des forces de l'ordre de deux positions dans la ville de Qatif, estimant qu'à ces endroits se produisent les incidents.

La tension restait vive dans l'Est de l'Arabie saoudite après l'arrestation dimanche d'un religieux chiite Nimr Baqer al-Nimr, virulent critique des autorités, qui avait suscitée des violences au cours desquelles deux manifestants avaient été tués et certains autres blessés.

Les funérailles de l'une des victimes, Mohammed Filfel, avait donné lieu mardi soir à Qatif à une marche de protestation pendant laquelle des dizaines de chiites avait crié des slogans hostiles aux autorités, toutefois il n'y avait pas eu de heurts avec la police.

L'est de l'Arabie, une région riche en pétrole où se concentre l'essentiel des deux millions de chiites saoudiens, est secouée par des troubles sporadiques depuis mars 2011. Ces troubles ont pris une tournure violente à partir de l'automne 2011, neuf personnes ayant été tuées depuis.

A l'origine, les manifestants contestaient l'aide militaire apportée par l'Arabie saoudite à la dynastie sunnite au pouvoir à Bahreïn dans la répression des manifestations menées par des chiites à Bahreïn.

Les chiites saoudiens s'estiment en outre discriminés et réclament l'égalité de traitement en matière d'emploi et de prestations sociales avec les sunnites, majoritaires dans le royaume.

Les autorités considèrent ces troubles comme un "nouveau terrorisme" qu'elles "vont affronter comme elles l'ont fait auparavant" avec Al-Qaïda.

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