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Bachar el-Assad a discuté d'un gouvernement de transition avec Kofi Annan

11/07/2012 09:08 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

GENÈVE - Le président syrien Bachar el-Assad a discuté de la possibilité de former un gouvernement de transition en Syrie, tel que proposé le mois dernier lors d'une conférence internationale à Genève, a déclaré mercredi l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.

M. Annan a indiqué que lors de ses discussions avec le président syrien cette semaine à Damas, Bachar El-Assad lui avait «donné le nom» d'une personne qui pourrait servir d'interlocuteur du régime dans une éventuelle tentative de former un gouvernement de transition impliquant des membres de l'opposition.

«Et j'ai indiqué que je voulais en savoir plus sur cette personne, alors nous en sommes à cette étape», a expliqué M. Annan lors d'une conférence de presse à Genève, après une intervention par vidéoconférence devant le Conseil de sécurité de l'ONU à New York. Il n'a pas précisé le nom de cette personne.

Kofi Annan a exhorté le Conseil de sécurité de dire clairement au gouvernement syrien et à l'opposition qu'il y aura des «conséquences» s'ils ne se conforment pas à un cessez-le-feu immédiat, selon un diplomate en poste à l'ONU.

La Russie et la Chine, des alliés du régime syrien qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité, ont bloqué plusieurs tentatives des États-Unis et des pays européens visant à menacer le régime syrien de «conséquences» – un code diplomatique qui fait référence aux sanctions internationales.

Un membre de l'opposition syrienne a par ailleurs annoncé mercredi que l'ambassadeur de Syrie en Irak avait fait défection et qu'il demanderait l'asile en Turquie.

L'ambassadeur Nawaf Fares est en route vers la Turquie, selon Khaled Khoja, membre du Conseil national syrien, la principale organisation de l'opposition syrienne.

Si l'information est confirmée, il s'agira de la deuxième défection majeure au sein du régime syrien en moins d'une semaine.

«C'est certain. Il a fait défection. Il a déclaré qu'il faisait défection», a affirmé M. Khoja, qui vit présentement à Istanbul, en Turquie. Il a affirmé tenir l'information de son propre réseau d'informateurs en Syrie.

Lors d'un appel de l'Associated Press mercredi à l'ambassade de Syrie à Bagdad, un opérateur a affirmé qu'il n'y avait personne dans la mission diplomatique. Questionné à savoir si l'ambassadeur se trouvait toujours en Irak, l'opérateur a déclaré qu'il ne savait pas.

La semaine dernière, le gouvernement français avait annoncé la défection du brigadier-général Manaf Tlass, proche de Bachar el-Assad et fils d'un ancien ministre de la Défense. Manaf Tlass est le plus haut responsable à tourner le dos au régime syrien jusqu'à maintenant. Les diplomates occidentaux espèrent que son départ encouragera d'autres responsables à l'imiter.

Sur le terrain, un prêtre syrien a annoncé mercredi qu'un premier groupe de chrétiens avait été évacué de Homs, dans le centre du pays, après un accord conclu entre l'armée et les rebelles.

Maximos al-Jamal, un prêtre grec-orthodoxe impliqué dans la défense des chrétiens syriens, a précisé que 63 personnes avaient été évacuées de Homs au cours des dernières 24 heures.

Ces personnes font partie de la centaine de civils, principalement des chrétiens, coincés dans les quartiers de Bistan al-Diwan et d'Al-Hamidiyah, dans la ville assiégée de Homs. Le père Al-Jamal a précisé qu'un accord avait été conclu entre l'armée et les rebelles armés de ces quartiers, et que la médiation se poursuivait pour évacuer les derniers civils qui s'y trouvent toujours.

Les chrétiens représentent environ 10 pour cent des 22 millions de Syriens.

À Moscou, où il était en visite mercredi, le chef du Conseil national syrien, Abdel Basset Sayda, a vivement critiqué la position de la Russie dans le conflit syrien.

«Le peuple syrien souffre à cause de la Russie, à cause de la position qu'elle a adoptée, à cause de son veto au Conseil de sécurité de l'ONU», a dénoncé le chef de l'opposition syrienne à l'issue de sa rencontre avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Moscou s'oppose à toute intervention internationale dans le conflit syrien et a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher l'adoption de sanctions contre le régime du président Bachar el-Assad.

Abdel Basset Sayda a également demandé que «tous les représentants du régime dirigeant» en Syrie démissionnent. Il a estimé qu'aucun dialogue avec le régime ne serait possible tant que Bachar El-Assad sera au pouvoir.

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