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Accrochages à Damas, un dirigeant de l'opposition syrienne à Moscou

11/07/2012 04:50 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Des accrochages opposaient forces syriennes et combattants anti-régime à Damas mercredi au moment où Moscou, qui recevait un dirigeant de l'opposition syrienne, annonçait néanmoins continuer à livrer des armes à Damas, et apportait un inflexible soutien à Bachar al-Assad.

L'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, qui s'est rendu lundi et mardi à Téhéran et Bagdad, où il a obtenu un appui des autorités à son plan de sortie de crise, doit rendre compte mercredi de sa tournée au Conseil de sécurité de l'ONU.

En dépit de la multiplication de initiatives diplomatiques, les violences ne faiblissent pas en Syrie, avec 82 morts pour la journée de mardi, dont au moins 30 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mercredi, des accrochages ont opposé à l'aube dans le quartier de Qadam à Damas les forces de sécurité syriennes et des rebelles, selon l'OSDH, qui décompte 12 morts à la mi-journée à travers le pays.

A Alep (nord), deuxième ville du pays restée à l'écart aux premiers mois de la révolte, de fortes explosions ont été entendues mercredi et deux soldats ont été tués lorsque des rebelles ont attaqué un point de contrôle militaire.

L'OSDH fait état en outre de l'attaque d'un bus transportant des soldats dans la province d'Idleb (nord-ouest), avançant le chiffre non confirmé de onze morts.

Mardi soir, des manifestants se sont rassemblés dans le quartier huppé de Mazzé dans la capitale, scandant des slogans contre le régime.

A Moscou, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne à l'étranger, a déploré que la Russie campe sur ses positions, après avoir en vain tenté de la pousser à lâcher le régime de Bachar al-Assad.

"Je confirme au nom de toute l'opposition populaire syrienne qu'il ne peut pas être question d'un dialogue, tant qu'Assad ne sera pas parti. La Russie est d'un autre avis (...)", a déclaré Abdel Basset Sayda, le nouveau chef du CNS, à l'issue de discussions avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s'est borné à réitérer la position russe, prônant un dialogue politique.

Autre signe d'inflexibilité, la Russie va poursuivre ses livraisons de systèmes de DCA aux forces gouvernementales syriennes.

"On ne peut en aucun cas dire que nous mettons en place un embargo sur la livraison de techniques militaires à la Syrie", a déclaré le directeur adjoint du service fédéral de coopération militaire, Viatcheslav Dzirkaln.

Autre allié de Damas, Téhéran a appelé Kofi Annan à "empêcher la contrebande d'armes" destinées aux rebelles, qui est selon lui le "principal problème" en Syrie.

La Russie est un acteur incontournable dans le dossier syrien, bloquant toute résolution à l'ONU condamnant la répression et refusant de cesser son soutien au régime malgré les critiques internationales.

Moscou a soumis mardi à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution prolongeant de trois mois le mandat de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) qui expire le 20 juillet, mais n'évoque pas la menace de sanctions.

Ce projet de résolution est "en-deçà" des attentes de la communauté internationale, a déploré mercredi le ministère français des Affaires étrangères. Son porte-parole Bernard Valero a estimé "indispensable" le "transfert des pleins pouvoirs exécutifs à un organe transitoire de gouvernement".

Le texte russe "réaffirme le soutien" au plan de paix de Kofi Annan et demande au pouvoir et à l'opposition syrienne de "commencer immédiatement à appliquer" ce plan.

Officiellement accepté par le régime et par l'opposition il y a trois mois, ce plan, qui comprend notamment un cessez-le-feu, est resté lettre morte, et la poursuite des violences a obligé les observateurs arrivés mi-avril en Syrie pour surveiller le cessez-le-feu, à cesser mi-juin leurs opérations.

A Bagdad mardi, M. Annan s'est dit "persuadé que le Conseil (de sécurité) prendra les mesures qui s'imposent, et décidera du sort de la MISNUS".

La visite de M. Annan en Iran, et l'"accord" qu'il a annoncé avoir trouvé lundi après sa rencontre avec le président Assad ont déclenché la colère des militants anti-régime, dont certains l'ont qualifié d'"envoyé russo-iranien chargé de la protection de Bachar".

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