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USA: une ville sinistrée abaisse le salaire de ses employés au minimum

10/07/2012 05:33 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Faute de pouvoir boucler son budget, le maire de la ville de Scranton (Pennsylvannie, nord-est), vient de faire passer quelque 400 employés municipaux au salaire minimum, une décision contre laquelle les syndicats ont saisi mardi la justice fédérale.

Les baisses de salaire sont sévères.

Les policiers gagnaient jusqu'à présent 26 dollars de l'heure après deux ans d'expérience, les personnes sur les chantiers entre 18 et 20 dollars. Tous désormais ont été alignés sur le salaire minimum de Pennsylvanie, qui est de 7,25 dollars de l'heure, selon des documents de justice.

Les syndicats ont porté plainte, et accusent également le maire Chris Doherty d'outrage à magistrat, affirmant qu'il a violé l'ordre d'un juge local de revenir sur sa décision de baisser les salaires.

"Il ignore la décision du tribunal", s'indigne Stephen Holroyd, un avocat représentant trois des syndicats des personnels municipaux, notamment la police et les pompiers.

"Les personnes qui surveillent les bâtiments pour éviter le feu ont vu leur paye diminuer de 75%", précise-t-il à l'AFP.

Roger Leonard, qui travaille dans l'équipement, a expliqué à la radio NPR qu'il gagnait jusqu'à présent 900 dollars pour deux semaines de travail. Avec la baisse de salaire décidée par le maire, ce chiffre a plongé vendredi dernier à 340 dollars.

"J'ai deux enfants et une femme qui ne travaille pas. Si nous n'avons plus d'économies, cela ne va plus aller. Mais j'espère qu'il y aura une solution avant qu'on en arrive là", a-t-il expliqué.

Scranton, à 200 km de Philadelphie, est l'une de ces anciennes villes industrielles de la "rust belt" ("ceinture de rouille)" qui ont vu partir leurs entreprises et avec elles une source vitale de revenus fiscaux.

Selon le journal de Scranton, le Times-Tribune, la ville n'avait lundi que 133.000 dollars en banque, pour un déficit annuel anticipé de 16,8 millions de dollars.

"Si j'avais l'argent, je les payerais", a déclaré le maire dans le journal à propos de son personnel municipal.

Mais selon certains, le bras de fer actuel s'explique d'abord par un désaccord entre M. Doherty et son conseil municipal sur le budget.

Selon M. Holroyd, la ville peut emprunter pour payer les salaires, comme elle l'a déjà fait dans le passé.

"Ce n'est pas que la ville est ruinée, c'est qu'ils sont dans une dispute politique", a estimé l'avocat.

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