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USA: l'ex-général McChrystal se dit en faveur d'un "service national"

10/07/2012 12:18 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

L'ancien général américain commandant les forces internationales en Afghanistan, Stanley McChrystal, s'est prononcé en faveur du rétablissement de la conscription ou d'un "service national" afin de connecter les jeunes Américains avec l'armée et leur donner du sens civique.

"Nous devons faire des choses, envisager un service militaire pour tenter d'avoir une meilleure connexion" entre la population civile et l'armée, a jugé l'ex-général lors d'une intervention fin juin à l'occasion d'une conférence organisée par l'Aspen Institute.

Depuis la fin du service militaire obligatoire en 1973, de moins en moins d'Américains ont affaire au monde militaire: 1% de la population se trouve sous les drapeaux.

Or, après onze ans de guerre en Afghanistan et en Irak, l'armée professionnelle est essoufflée par les multiples déploiements, a-t-il plaidé et "seuls 1% des Américains sont affectés" par ces conflits.

Le manque de liens entre la société civile et l'armée inquiète nombre de décideurs américains. "Je crains qu'ils (les Américains, ndlr) ne nous connaissent pas", a avoué l'ex-chef d'état-major interarmées, l'amiral Michael Mullen. Pour l'ancien secrétaire à la Défense Robert Gates, la guerre reste "une abstraction pour la plupart des Américains".

Le général McChrystal, révoqué en juillet 2010 pour avait critiqué l'exécutif américain, a convenu "devenir un peu plus extrémiste chaque année" sur la question d'un service obligatoire.

"Nous avons besoin d'un service national, que ce soit à la conclusion du lycée ou de l'université. Je ne pense pas que les jeunes s'y opposeraient vraiment s'il était juste, si tout le monde le faisait", a-t-il estimé, précisant que le service national pourrait être aussi bien civil que militaire.

L'apport du service ne serait pas tant les réalisations des jeunes, "à construire des routes ou des parcs", que le sens civique qu'il inculquerait à la jeunesse américaine, selon lui.

"Une fois que l'on a contribué à quelque chose, on en a une vision un peu différente", a jugé l'ancien général.

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