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Tour de France - Evans "ne sait pas" ce que vaut Wiggins sur 3 semaines

10/07/2012 01:38 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

L'Australien Cadel Evans a souligné mardi l'inconnue qui pèse sur la capacité de son grand rival et actuel porteur du maillot jaune, le Britannique Bradley Wiggins, à tenir son rang lors des deux dernières semaines du Tour de France.

Q: Après le contre-la-montre de lundi, estimez-vous qu'il vous faudra une grosse avance sur Wiggins avant le dernier chrono, à deux jours de l'arrivée sur les Champs ?

R: "Un contre-la-montre après trois semaines, c'est différent d'un contre-la-montre après neuf jours. La meilleure situation, c'est d'avoir une avance de cinq minutes et de s'entraîner déjà pour les jeux Olympiques ou jouer la victoire d'étape ! (rires) Si on regarde les résultats d'hier (lundi), la logique voudrait que j'ai besoin de beaucoup de marge avant un long contre-la-montre. Mais il y a aussi le passé de Bradley sur trois semaines... Regardez son Tour de France 2009 ou la Vuelta 2011, il n'a pas beaucoup de bons repères sur trois semaines sur lesquels il peut s'appuyer comparé à des Nibali, Klöden ou Menchov qui ont beaucoup plus d'expérience dans les grands tours."

Q: Vous pensez qu'il est vulnérable sur trois semaines ?

R: "J'espère ! Laissez-moi un peu d'optimisme ! (sourire) La plupart des coureurs du Top 10 ont couru plus de courses de trois semaines ce qui leur permet de se connaître. Pour Wiggins, on ne sait pas."

Q: Le fait que des écarts soient déjà creusés et que d'autres coureurs soient distancés comme vous peut-il transformer la course en un +tous contre un+ ?

R: "C'est sûr que les années précédentes où j'étais très proche du jaune, j'étais en duel avec le meilleur coureur et les 3e, 4e et 5e essayaient de prendre du temps sur moi. Là, ils devront peut-être prendre des risques et ça pourrait jouer en ma faveur. Peut-être y aura-t-il des alliances selon la situation, les personnes... Mais certains roulent aussi de manière conservatrice pour conserver leur place et ne veulent pas tout jouer au risque de tout perdre. On verra, il faudra tirer profit des situations, des parcours."

Q: Votre équipe est apparue moins solide que Sky ces derniers jours. Pensez-vous que ce sera différent dans les Alpes ?

R: "Je l'espère bien. Tejay (van Garderen) monte en puissance. Sa performance dans le contre-la-montre est prometteuse et a montré qu'il a des jambes. Steven Cummings est de retour de plusieurs blessures et on espère qu'il va aller crescendo pour retrouver son vrai niveau. Amaël Moinard aussi: même s'il n'a pas été blessé mais avec sa paternité, il n'est pas arrivé aussi en forme que l'an dernier. On compte sur une progression et notre régularité sur trois semaines."

Q: Avant d'arriver dans la haute montagne, qu'avez-vous découvert sur Wiggins dans les reliefs parcourus ces derniers jours ?

R: "Il ne m'a pas surpris. C'est un coureur de chrono qui peut grimper alors que moi je suis un grimpeur qui peut faire des chronos. Il est plus à l'aise sur des pentes régulières, on le savait. Et quand on a deux ou trois équipiers pour imposer le rythme qui vous convient, ça change de devoir calculer comment sont les autres, qui est là... Quand je repense à la première arrivée au sommet, je me dis qu'on aurait peut-être dû être plus agressifs mais je voulais aussi savoir quel était mon niveau. Dans La Toussuire (mercredi), on verra les grimpeurs et on verra qui sort."

Q: Vous avez l'air détendu...

R: "Je suis calme et détendu. On est bien préparé, l'équipe a bien couru et Steven et Amaël peuvent être encore mieux. Tout se passe plutôt bien, j'ai un bon groupe autour de moi prêt à m'aider à passer les obstacles. Tout ça me donne confiance."

Propos recueillis en conférence de presse.

sva/jm/gd

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