NOUVELLES

Roumanie: le référendum sur la destitution du président aura lieu le 29 juillet

10/07/2012 06:43 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

BUCAREST, Roumanie - La Cour constitutionnelle roumaine a décrété mardi qu'une majorité des électeurs inscrits devaient participer au référendum sur la destitution du président pour que le vote soit valide, ce qui rendra la tâche plus difficile pour les opposants de Traian Basescu.

La décision de la cour est le dernier rebondissement d'une lutte de pouvoir grandissante entre les factions politiques loyales à M. Basescu et celles qui soutiennent son rival, le premier ministre Victor Ponta. Le conflit a suscité les inquiétudes de la communauté internationale quant à l'avenir de la démocratie en Roumanie.

Vendredi dernier, le Parlement roumain, dominé par les partisans de M. Ponta, a voté en faveur de la destitution du président Basescu, en l'accusant de s'immiscer dans les compétences du premier ministre, de tenter d'influencer le système judiciaire et d'avoir fait des remarques désobligeantes sur les Roms et les personnes handicapées. M. Basescu nie tout comportement répréhensible, affirmant qu'il a peut-être un peu trop parlé, mais qu'il n'a jamais commis de «graves violations» constitutionnelles.

Lundi, la Cour constitutionnelle a maintenu le vote de destitution du Parlement, ouvrant la voie à un référendum national le 29 juillet, lors duquel les électeurs seront appelés à dire si le président Basescu doit être renvoyé. Mais le jugement de la cour annoncé mardi donne un certain répit au camp Basescu: un taux de participation de plus de 50 pour cent dans un scrutin en Roumanie est loin d'être assuré.

Selon le plus récent recensement, il y a 18 millions d'électeurs potentiels en Roumanie, ce qui signifie qu'au moins 9 millions de personnes devront participer au référendum pour qu'il soit valide. Mais ces données ne seraient plus à jour et certaines estimations indiquent que la Roumanie compte un total de 19 millions d'habitants, tous âges confondus.

Traian Basescu est devenu président en 2004 et a été destitué par le Parlement en 2007, mais il a survécu au référendum populaire. Il est un politicien de centre-droit, même si en tant que président, il n'a pas le droit d'être membre d'un parti politique. Contrairement à la présidence dans plusieurs pays européens, la fonction de président de Roumanie n'est pas que cérémonielle. Le président est élu au suffrage universel et il est responsable de la politique étrangère, des politiques de défense et des puissants services de renseignement.

Victor Ponta dirige quant à lui le Parti social-démocrate. Le 7 mai, il est devenu la troisième personne à occuper le poste de premier ministre roumain en quatre mois, après le renvoi de ses deux prédécesseurs en lien avec les impopulaires mesures d'austérité et les coupes budgétaires qu'ils voulaient appliquer.

Le gouvernement de M. Ponta a assuré qu'il se conformerait au jugement de mardi.

PLUS:pc