NOUVELLES

RDC: l'ONU préoccupée par l'"aide extérieure" reçue par les rebelles du M23

10/07/2012 01:29 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

L'ONU s'inquiète des informations selon lesquelles les rebelles en République démocratique du Congo sont armés par des pays tiers, alors que sa mission dans le pays (Monusco) a envoyé des renforts pour protéger Goma (est).

"La mission de l'ONU (en RDCongo) fait tout son possible, en coordination avec l'armée congolaise, pour protéger les civils", a déclaré mardi un porte-parole de l'ONU, citant des propos tenus par le chef de la Monusco, Roger Meece.

Selon ce porte-parole, M. Meece a "exprimé sa préoccupation à propos d'informations persistantes selon lesquelles les mutins du M23 (Mouvement du 23 mars) reçoivent de l'aide extérieure et sont bien armés, équipés et entraînés".

Le Conseil de sécurité doit entendre mardi un compte-rendu fait par M. Meece par vidéoconférence depuis Kinshasa sur la situation dans l'est de la RDCongo.

Mercredi se tiendra à Addis Abeba une réunion interministérielle des pays de la région des Grands lacs pour tenter de réduire la tension entre la RDCongo et le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles.

Selon des responsables de l'ONU, des troupes congolaises et des Casques bleus font route vers Goma, dans la crainte d'une attaque des rebelles qui ont gagné du terrain ces derniers jours dans le Nord-Kivu.

Kinshasa et les Nations unies craignent que les mutins du M23 lancent une offensive contre Goma (500.000 habitants), capitale du Nord-Kivu, ont précisé ces responsables onusiens.

Entre vendredi et dimanche dans cette province du Nord-Kivu, les mutins du M23 ont conquis Bunagana, près de l'Ouganda, après des combats avec l'armée congolaise, puis une demi-douzaine de localités, dont Rutshuru, cette fois sans résistance, les forces loyalistes s'étant "repliées" avant leur arrivée.

"Ce serait un désastre si Goma était prise", a averti lundi soir un responsable de l'ONU ayant requis l'anonymat.

Selon lui, le gouvernement congolais est en train de dépêcher sur place un bataillon auparavant stationné dans le nord du pays et entraîné par des instructeurs américains. Ce bataillon, chargé initialement de combattre l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), doit se joindre aux 7.000 militaires déjà déployés au Nord-Kivu.

La Monusco, composée de 18.000 hommes, va elle aussi envoyer des troupes en renfort vers Goma.

"Personne ne sait ce que le M23 a l'intention de faire", a expliqué le responsable de l'ONU. "Certains (des rebelles) ont été vus retournant en direction de Bunagana, d'autres sont restés près des petites villes qu'ils avaient prises". "Notre grande inquiétude est que le M23, ayant pris ces villes, prépare désormais un mouvement contre Goma".

Le M23 est constitué d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les Forces armées congolaises (FARDC) dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009.

Les mutins, qui réclament la pleine application de ces accords, ont commencé à faire défection en avril. Au cours des deux dernières semaines, ils sont passés de 1.000 à 2.000 combattants. Ce regain de violences a fait plus de 200.000 déplacés et plus de 30.000 réfugiés au Rwanda et en Ouganda.

L'Union européenne a appelé mardi le Rwanda à "cesser tout soutien aux groupes armés" actifs dans cette région.

Le Rwanda a été pointé du doigt par le gouvernement congolais à la suite de rapports de l'ONU et d'ONG affirmant que Kigali soutenait le M23.

tw/avz/eg

PLUS:afp