OTTAWA - Le Nouveau Parti démocratique saute dans la mêlée et réplique aux attaques publicitaires du Parti conservateur.

Les conservateurs avaient lancé au début de l'été une publicité brossant un portrait peu flatteur du chef néo-démocrate, Thomas Mulcair.

Et si l'imitation est la plus sincère forme de flatterie qui soit, le Parti conservateur devrait se féliciter que l'opposition officielle adopte ses façons de faire.

Les nouvelles publicités en anglais et en français, visibles sur le site Web du NPD, s'attaquent au bilan économique du premier ministre Stephen Harper, avec sinistres roulements de tambour en bruit de fond et photos noir et blanc du leader conservateur.

Le NPD accuse au passage le premier ministre Harper d'avoir piloté la pire récession «depuis des décennies».

«Quelle est la solution de Stephen Harper?», s'interroge une voix masculine hors-champ.

«S'en prendre aux gens les plus vulnérables, au moment où ils ont le plus besoin d'aide», poursuit-on, citant à titre d'exemples les coupes dans l'assurance-emploi et en diminuant dans les revenus de retraite.

Les «publicités offensives» entre deux campagnes électorales étaient assez rares à une certaine époque au Canada, jusqu'à ce que les conservateurs prennent l'habitude de s'en servir abondamment pour dépeindre négativement leurs adversaires politiques.

Les chefs libéraux Stéphane Dion, Michael Ignatieff et Bob Rae ont tous goûté à la médecine des conservateurs, et plusieurs observateurs s'étaient étonnés que le Parti conservateur ne soit pas immédiatement passé à l'attaque lorsque M. Mulcair a été élu à la tête du NPD en mars.

Les messages anti-Mulcair des conservateurs ont finalement été diffusés fin juin, et c'est maintenant au tour des néo-démocrates de répliquer. Les publicités ont été envoyées par courriel aux sympathisants du parti, mardi, mais on ignore encore si le NPD paiera pour les mettre en ondes sur une chaîne télévisée ou une station de radio.

«Nous ne sommes pas prêts à partager des éléments précis de notre stratégie publicitaire, mais notre objectif est de rejoindre le plus grand nombre possible de Canadiens», a expliqué la porte-parole du parti Chantal Vallerand.

Et avec la période creuse de l'été, ce n'est pas là une mauvaise idée, soutient Chris Waddell, détenteur de la Chaire Carty en journalisme d'affaires et financier de l'université Carleton, à Ottawa.

«Tout le monde semble avoir compris le concept selon lequel vous n'avez peut-être même pas besoin de diffuser les publicités, vous avertissez simplement les médias... et tout le monde écrira sur le sujet et vous donnera de la publicité gratuite», a-t-il avancé.

L'expert en communication politique Jonathan Rose, de l'université Queen's, estime de son côté que les publicités néo-démocrates constituent une bonne façon de raviver l'intérêt et la motivation de la base du parti.

«Ça reste une tentative de mettre Stephen Harper dans un moule, et ici on tente de renforcer le message tout en gardant la base électorale active et au fait des principaux dossiers», a-t-il soutenu.

La piètre qualité des vidéos laisse par ailleurs croire que les néo-démocrates n'ont pas eu le temps de peaufiner ces publicités.

«Elles ne coûtent pas grand chose et sont faciles à diffuser, alors pourquoi pas?», a lancé M. Rose après avoir visionné les publicités.

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