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Nouveau scandale de fraude dans les dérivés aux USA 8 mois après MF Global

10/07/2012 05:52 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Huit mois après la retentissante faillite de MF Global, une autre maison de courtage de dérivés très respectée, PFGBest, se retrouve poursuivie par les autorités américaines pour fraude et risque elle aussi de disparaître tout en écornant encore plus l'image de ce marché.

Dans une plainte déposée mardi auprès d'un tribunal de l'Illinois, l'autorité américaine de régulation des marchés à terme et dérivés, la CFTC, accuse Peregrine Financial Group (PFG) et son directeur général Russell Wasendorf d'avoir détourné les fonds de leurs clients.

Ils auraient fait de fausses déclarations sur leurs comptes bancaires, exagérant le montant des dépôts, d'où plus de 200 millions de dollars ont disparu.

"C'est une journée noire pour le secteur des dérivés et pour ce qui reste de PFG", constate Phyl Flynn, un analyste énergétique qui a quitté l'entreprise fin mai car il avait des soupçons de plus en plus forts de possibles malversations.

"Tout le monde est parti, il n'y a plus d'employés", affirme cet analyste qui a travaillé cinq ans dans l'entreprise. La presse financière parle de centaines de licenciements chez PFG.

Il raconte aussi que Russell Wasendorf a tenté de se suicider et se trouve actuellement à l'hôpital en Iowa. Une porte-parole de PFG n'a pas répondu aux demandes de commentaires de l'AFP.

Depuis février, les articles de presse se multipliaient pour dénoncer les liens entre PFG et une fraude pyramidale de près de 200 millions de dollars commise par Trevor Cook, un financier aujourd'hui en prison.

"Je n'avais pas de preuves mais quand j'ai lu tous ces articles j'ai commencé à chercher (du travail) ailleurs", précise Phil Flynn, vétéran du secteur.

L'affaire rappelle celle de MF Global, un des plus gros courtiers au monde en produits dérivés, qui avait fait faillite le 31 octobre, peu de temps après avoir révélé une exposition de plus de six milliards de dollars à la dette publique de la zone euro. Il avait ensuite été incapable de préciser où se trouvait 1,2 milliard de dollars appartenant à ses clients.

Après cette affaire, les régulateurs avaient promis de durcir les règles et de mieux surveiller les sociétés du secteur.

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