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Nombre de médicaments défectueux sont vendus dans les pays pauvres (études)

10/07/2012 05:59 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Une proportion notable de traitements, dont des anti-paludéens et des antibiotiques vendus en Afrique et approuvés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), souffrent de graves problèmes de qualité, affirment deux études publiées mardi.

Pour mener une de ces recherches, les auteurs ont collecté 2.652 médicaments pour traiter le paludisme, la tuberculose et des infections bactériennes dans des rayons de pharmacies ou des dépôts dans des pays pauvres ou intermédiaires.

Après avoir effectué des analyses, ils ont constaté que 13% des traitements non autorisés par des autorités de réglementation ou l'OMS avaient échoué aux tests de qualité. Parmi les médicaments approuvés par l'OMS, 7% ont été rejetés par ces tests, dont 18% avaient été fabriqués en Chine, selon cette étude parue dans la revue britannique Research and Reports in Tropical Medicine,

"Il est possible que la moitié des médicaments rejetés aient été des contrefaçons", estime le principal auteur de ces recherches, Roger Bate, de l'American Enterprise Institute, un institut privé de recherche d'obédience conservatrice.

"L'autre moitié sont de qualité inférieure mais légaux", ajoute-il, précisant "qu'un grand nombre de médicaments achetés aux mêmes fournisseurs n'ont pas de problème de qualité". Selon ce médecin, "cela laisse à penser que de mauvais procédés de fabrication et non une dégradation des médicaments sont la cause la plus probable de ces défaillances".

Une autre étude du même auteur parue dans la même revue indique qu'au Ghana et à Lagos (Nigeria), près de 8% des anti-paludéens certifiés par une autorité de réglementation ou l'OMS ont échoué aux tests de qualité car ne contenant pas suffisamment d'ingrédients actifs.

Ces résultats ne paraissent pas être le fruit du hasard mais révèlent plutôt que les médicaments de piètre qualité résultent de la médiocrité systématique du processus de production.

Ce sous-dosage des traitements contre le paludisme alimente la résistance bactérienne, déplorent les chercheurs.

"Produire délibérément des traitements contrefaits est dangereux pour les malades mais n'est pas souvent considéré comme un acte criminel", relève le Dr Bate.

js/bar

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