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Morsi en Arabie, signe de continuité des relations saoudo-égyptiennes

10/07/2012 07:33 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

La visite du président égyptien Mohamed Morsi mercredi en Arabie saoudite, son premier déplacement à l'étranger, témoigne d'une continuité dans les relations entre les deux piliers du monde arabe, condamnés à coopérer malgré leurs récentes frictions, selon des analystes.

La visite de M. Morsi, issu des Frères musulmans, dont les liens avec le royaume wahhabite étaient historiquement empreints de méfiance, témoigne d'"une continuité dans les relations bilatérales quels que soient ceux qui sont au pouvoir au Caire", estime l'analyste saoudien Jamal Khashogji.

Selon lui, "le royaume saoudien n'a pas de réserves à l'arrivée au pouvoir en Egypte des Frères musulmans", qui avaient pourtant opéré sous l'ex-président Hosni Moubarak un rapprochement avec l'Iran, le rival chiite de Ryad.

Mais M. Morsi a réservé son premier déplacement à l'étranger depuis son élection en juin à l'Arabie saoudite, un allié du régime de Hosni Moubarak, chassé par un soulèvement populaire sans précédent en février 2011.

En outre, les rapports sont tendus entre les groupes salafistes, qui se réclament du wahhabisme saoudien, et les Frères musulmans qui connaissent une montée dans la région à la faveur du Printemps arabe.

"Je ne pense pas que l'Egypte (de M. Morsi) cherche à établir des relations spéciales avec l'Iran (...), un pays qui a besoin d'être assisté et qui ne peut rien lui donner", souligne M. Khashogji.

"Les relations des Frères musulmans d'Egypte avec l'Iran est leur propre affaire (...), mais ils ne doivent pas tolérer une quelconque ingérence de Téhéran en Egypte ou ailleurs", a averti Anwar Eshki, président du Centre du Moyen-Orient pour les études stratégiques basé à Jeddah, en Arabie saoudite.

"L'Egypte s'oriente désormais vers des alliances avec la Turquie et l'Arabie", deux pays sunnites et ayant d'importantes potentialités économiques, poursuit M. Khashogji.

Malgré des hauts et des bas dans leurs relations avec l'Arabie saoudite, les Frères musulmans "reconnaissent que le royaume saoudien les avait accueillis lorsqu'ils étaient en mauvais terme avec (Gamal) Abdel Nasser", à son accession au pouvoir en 1953, a-t-il ajouté.

Le président Morsi a été reconnaissant. "Nous ne pouvons, en Egypte, oublier les positions de l'Arabie saoudite qui se tient toujours aux côtés des pays arabes", a-t-il dit, ajoutant dans un entretien publié mardi par le quotidien saoudien Okaz, que "la sécurité du Golfe est une ligne rouge".

"La stabilité en Egypte est importante pour l'Arabie saoudite", relève l'analyste Abdel Aziz al-Sagr, président du Gulf Research Centre, rappelant par ailleurs que le royaume est le principal bailleur de fonds arabe de l'Egypte.

L'Arabie saoudite accueille quelque 1.650.000 expatriés égyptiens et pourrait "augmenter prochainement ses investissements en Egypte", a promis la semaine dernière l'ambassadeur saoudien au Caire, Ahmad Kattan.

Le royaume est déjà venu en aide au Caire malgré une crise diplomatique, qui avait éclaté en avril lorsque Ryad avait fermé son ambassade au Caire pendant plusieurs jours après des manifestations hostiles réclamant la libération d'un avocat égyptien, arrêté par les autorités saoudiennes.

Ryad a ainsi déposé un milliard de dollars auprès de la Banque centrale d'Egypte et ce pays, confronté à une sévère crise économique, a reçu début juillet un engagement d'un milliard de dollars de la part de la Banque islamique de développement, basée en Arabie saoudite.

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