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Mali: la destruction de biens religieux à Tombouctou

10/07/2012 10:21 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Rappel des événements depuis le début, fin juin, de la destruction de biens religieux de Tombouctou par les islamistes qui contrôlent cette ville du nord du Mali depuis plus de trois mois.

Les trois villes et régions administratives du Nord - Tombouctou, Gao et Kidal - qui représentent plus de la moitié du territoire malien, sont occupées depuis fin mars/début avril par Ansar Dine et un autre groupe armé islamiste, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces groupes, qui ont évincé la rébellion touareg de la région, entendent imposer la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

- 30 JUIN: Des islamistes d'Ansar Dine entament la destruction des mausolées de saints musulmans de Tombouctou. Armés de pioches, houes et burins, ils détruisent les mausolées de Sidi Mahmoud (nord de la ville), Sidi Moctar (nord-est) et Alpha Moya (est). Ces mausolées, avec des tombes portant des stèles et autres insignes funéraires, sont d'importants sites de recueillement. Les saints sont considérés à Tombouctou comme des protecteurs.

Ansar Dine affirme agir "au nom de Dieu" et en représailles à la décision de l'Unesco, le 28 juin, d'inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril.

L'Unesco qualifie les démolitions de "nouvelle tragique". Le gouvernement malien dénonce "la furie destructrice assimilable à des crimes de guerre", menaçant les auteurs de poursuites.

- 1ER JUILLET: Les hommes d'Ansar Dine détruisent quatre mausolées, dont celui de Cheikh el-Kébir, situés dans l'enceinte du cimetière de Djingareyber (sud). Au total, sept des seize mausolées de saints musulmans de la ville, généralement en terre crue, ont été détruits en deux jours.

L'Association des leaders religieux du Mali condamne "le crime de Tombouctou". L'ONU estime que de telles attaques sont "totalement injustifiées" et la procureur de la Cour pénale internationale que la destruction peut être considérée comme "crime de guerre" passible de poursuite.

- 2: Les islamistes brisent la porte sacrée de la mosquée Sidi Yayia du XVème siècle (sud) qui fait partie des trois grandes mosquées de Tombouctou avec celles de Djingareyber et Sankoré. Des saints sont enterrés dans les mosquées de Djingareyber et Sidi Yahia, selon un expert malien.

L'Organisation de coopération islamique "déplore" la destruction de mausolées qui "font partie de notre riche patrimoine islamique au Mali et ne doivent pas être détruits ou mis en danger par des éléments fanatiques".

- 3-4: L'Unesco appelle à mettre fin à ces "actes répugnants". L'UE "profondément choquée" par la destruction "brutale et gratuite" des lieux saints.

- 5: Près d'un millier de personnes rassemblées à Bamako à l'appel d'associations musulmanes pour protester contre la destruction des sites religieux.

- 10: Des hommes d'Ansar Dine, armés de haches, de pioches et burins, s'acharnent contre deux mausolées en terre de la mosquée de Djingareyber qu'ils détruisent "totalement" (témoins), promettant de détruire tous ceux de la région.

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