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Le gouvernement palestinien annonce des élections municipales en octobre

10/07/2012 03:53 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

Le gouvernement de l'Autorité palestinienne a décidé mardi la tenue d'élections municipales le 20 octobre, le premier scrutin palestinien depuis les législatives de 2006, remportées par le Hamas, a indiqué un responsable palestinien.

Cette décision a été annoncée à la suite de la suspension le 2 juillet par le Hamas, au pouvoir à Gaza, des travaux de la Commission électorale centrale (CEC) dans le territoire palestinien, à la veille de l'enregistrement des électeurs, étape clé de la réconciliation nationale.

"Le gouvernement palestinien a décidé aujourd'hui durant sa réunion de tenir des élections locales le 20 octobre à travers tout le territoire palestinien", a affirmé à l'AFP ce responsable sous condition d'anonymat.

Les municipales risquent de se limiter à la seule Cisjordanie, compte tenu des désaccords avec le Hamas au pouvoir à Gaza et Israël, qui interdit toute activité politique palestinienne à Jérusalem-Est, occupée et annexée en 1967.

Un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a dénoncé "une escalade de l'Autorité dans le blocage de la réconciliation".

"Cette décision, si elle est officielle, contrevient à l'accord de réconciliation, à laquelle il porte un coup en tentant d'imposer un fait accompli", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'an dernier, l'Autorité palestinienne, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, avait déjà convoqué à deux reprises des élections municipales, pour le 9 juillet 2011, puis pour le 22 octobre de la même année, avant de les reporter sine die pour permettre la mise en oeuvre de la réconciliation, et par conséquent leur tenue dans l'ensemble des Territoires palestiniens.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a tiré acte de l'enlisement de la réconciliation en nommant le 16 mai un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayyad, qui a entrepris la convocation d'élections municipales dans la seule Cisjordanie, au moins dans un premier temps, des décisions critiquées par le Hamas.

Mais le 20 mai, son mouvement, le Fatah, et le Hamas ont conclu un nouvel accord sous médiation égyptienne au Caire prévoyant le lancement simultané des consultations pour la formation du gouvernement d'indépendants et les travaux de la CEC pour mettre à jour ses registres dans la bande de Gaza.

En conséquence, le gouvernement du Hamas avait autorisé le 28 mai la Commission électorale à enregistrer quelque 220.000 nouveaux électeurs en ouvrant des bureaux à Gaza. La CEC avait annoncé le lendemain qu'elle espérait achever ses opérations à la mi-juillet.

Mais le 2 juillet, il a "suspendu provisoirement les opérations d'inscription", dénonçant des "violations en Cisjordanie qui ont abouti à l'arrestation d'un grand nombre de ses membres", le "nombre élevé" d'électeurs à Gaza comme en Cisjordanie ne disposant pas de pièce d'identité, et le mécanisme de désignation des responsables électoraux à Gaza.

En vertu de l'accord de réconciliation nationale signé le 27 avril 2011 entre le Fatah et le Hamas, les deux gouvernements rivaux devaient céder la place à un exécutif transitoire non partisan chargé d'organiser des élections générales dans un délai d'un an, mais les principales clauses en sont restées lettre morte et les échéances constamment repoussées.

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