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Le conseil de RIM dit accorder toute sa confiance aux nouveaux gestionnaires

10/07/2012 11:55 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

WATERLOO, Ont. - Les actionnaires de Research In Motion, dont plusieurs qui ont maintenu leur appui au fabricant des téléphones BlackBerry pendant qu'il traversait les pires moments de son histoire, ont exprimé mardi leur frustration à l'égard de l'érosion de ses parts de marché et du report du lancement de nouveaux produits, certains ayant même réclamé d'importants changements à la direction de l'entreprise.

Pour la plupart des investisseurs, l'assemblée annuelle de RIM était la première occasion de s'adresser directement à la direction de l'entreprise depuis l'été dernier. Plusieurs actionnaires se sont présentés avec un message clair.

Un des premiers à prendre le micro a d'abord offert ses meilleurs voeux au nouveau chef de la direction, Thorsten Heins, avant de se tourner vers le conseil.

«Je suis extrêmement critique du conseil d'administration, en excluant ses nouveaux membres», a-t-il affirmé.

«Ils ont laissé le problème auquel RIM fait face (...) prendre des proportions incontrôlables avant de s'y attaquer.»

«Je crois, personnellement, qu'aucun des anciens administrateurs de la compagnie ne devrait être assis ici aujourd'hui», a-t-il ajouté, suggérant que RIM entreprenne un ménage semblable à celui qui a lieu ces dernières semaines chez le transporteur ferroviaire Canadien Pacifique.

L'assemblée a salué son intervention par une ronde d'applaudissements.

Cependant, la nouvelle présidente du conseil d'administration de RIM, Barbara Stymiest, s'est portée à la défense de l'équipe de direction, tout en affirmant que des changements à la composition du conseil étaient à prévoir.

«Nous croyons que l'équipe de direction de la compagnie est bien positionnée pour la faire avancer vis-à-vis des difficultés actuelles et pour mettre la main sur les occasions qui se profilent», a-t-elle déclaré aux quelque 300 actionnaires réunis.

Lors d'un entretien après l'assemblée, Mme Stymiest a défendu la composition du conseil.

«Nous avons un groupe de 10 (membres du conseil), dont quatre qui s'y trouvent depuis moins d'un an», a-t-elle affirmé.

«Une partie de la dynamique de gestion pour tout conseil vise à opérer les transitions en douceur et nous allons continuer à procéder de la sorte.»

S'accrocher à l'espoir

Malgré les difficultés, certains actionnaires s'accrochaient à l'espoir que le conseil puisse renverser la situation au sein de l'entreprise en difficulté.

George Sinclair, de London, en Ontario, a dit faire confiance au plan actuel de RIM, lequel comprend le report à l'an prochain du lancement du système d'exploitation BlackBerry 10 et de nouveaux appareils, afin de l'entreprise puisse les perfectionner davantage avant leur entrée sur le marché.

«Je suis convaincu que c'est le mieux qui puisse être fait en ce moment», a-t-il affirmé.

«Je ne suis toujours pas prêt à abandonner. Je crois qu'il y a encore une possibilité raisonnable pour la compagnie de connaître le succès de nouveau.»

Thorsten Heins a annoncé il y a deux semaines que la société effectuerait environ 5000 mises à pied pour réduire ses coûts dans un contexte de ventes chancelantes.

Il a en outre indiqué que le nombre d'installations pour la fabrication des BlackBerry passerait de dix à trois.

«L'équipe de direction et moi-même avons déjà mis en place d'importants changements cette année et il y en aura d'autres. Nous travaillons pour que la performance de l'entreprise connaisse un revirement», a-t-il déclaré mardi aux actionnaires.

M. Heins a en outre prévenu que la société devrait afficher une nouvelle perte d'exploitation pour le deuxième trimestre, la compagnie devant jongler avec de nouvelles pressions sur les prix de vente de ses plus vieux modèles de BlackBerry.

Le fabricant du BlackBerry traverse une période trouble depuis quelques mois. RIM a subi des pertes et a reporté au début de l'an prochain le dévoilement du système d'exploitation BlackBerry 10 et de nouveaux téléphones intelligents.

Les actions de la société, qui s'échangeaient à plus de 30 $ il y a moins d'un an, ont dégringolé récemment sous les 8 $. Elles ont clôturé mardi à 7,44 $, en baisse de 36 cents, soit 4,6 pour cent, à la Bourse de Toronto.

M. Heins a pris les rênes de la société en janvier, remplaçant les cochefs Jim Balsillie et Mike Lazaridis, mais cela n'a pas empêché l'action de poursuivre sa glissade.

RIM a annoncé à la fin mai avoir retenu les services de J.P. Morgan Securities LLC et de RBC Marchés des capitaux pour évaluer diverses stratégies, incluant d'éventuels partenariats et accords de licences.

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