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La Tunisie connaît une reprise économique mais elle reste fragile (BCT)

10/07/2012 11:35 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

La Tunisie connaît une reprise économique après la grave récession de 2011, dans la foulée de la révolution, mais elle est fragilisée par des incertitudes politiques et sécuritaires ainsi que par la crise en Europe, a dit mardi à l'AFP le gouverneur de la Banque centrale.

"Je pense que dès que nous verrons un renforcement de la sécurité, une stabilisation du climat social et politique, cela encouragera les investisseurs", a estimé le gouverneur, Mustapha Kamel Nabli.

Il a néanmoins relevé qu'avec une croissance de 4,8% au premier trimestre 2012 par rapport à la même période l'année précédente, la Tunisie peut encore atteindre son objectif de 3,5% sur l'année.

"Il faut que l'effort soit concentré sur la stabilisation sécuritaire, la réduction des conflits sociaux et la clarification de l'agenda politique", insiste le responsable, dont le limogeage est en suspens.

Cette situation est d'ailleurs symptomatique du flou politique, aucune explication précise n'ayant été donnée sur ce limogeage et la décision de l'Assemblée nationale constituante d'approuver ou non la décision annoncée fin juin par le chef de l'Etat Moncef Marzouki se faisant toujours attendre.

Sur le sujet, M. Nabli note que le débat sur son limogeage montre que "la démocratie est en marche en Tunisie", mais il regrette le manque de clarté que cela entraîne, d'autant que selon lui "il n'y a pas de raison évidente pour convaincre les observateurs étrangers".

Autre problème pour l'économie tunisienne, le poids de la crise de la dette en Union européenne, son principal partenaire commercial.

"La situation économique en Europe a commencé à nous affecter de manière significative. Depuis le mois de mars, nous avons commencé à ressentir les effets sur les exportations de produits manufacturés", a-t-il dit.

En particulier, il a noté une baisse de l'ordre "de moins 5 ou 6%" des exportations de textiles et cuirs, et une croissance réduite des exportations de l'industrie mécanique (3-4%).

La Tunisie a connu une récession de 1,8% en 2011, et la reprise économique est vitale pour le pays, le chômage, des jeunes notamment, ayant été un des facteurs clé de la révolution.

alf/Bsh/cnp

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