NOUVELLES

Kofi Annan obtient l'appui de l'Iran à son nouveau plan de paix pour la Syrie

10/07/2012 05:07 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

BAGDAD - Le président syrien a accepté un nouveau plan de paix de l'ONU qui prévoit la fin des hostilités dans les régions de Syrie les plus touchées par les violences, puis l'extension de la trêve aux autres régions du pays, a annoncé mardi l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Kofi Annan, qui tente de rallier le soutien des alliés du régime syrien.

Lors d'une conférence de presse en Iran, M. Annan a précisé que le plan devait encore être présenté à l'opposition syrienne. Mais il a affirmé que ses discussions de la ville avec le président syrien, Bachar el-Assad, avaient mis l'accent sur la cessation des violences, qui ont fait au moins 17 000 morts depuis mars 2011, selon les militants de l'opposition.

Bachar el-Assad «a suggéré d'élaborer une approche en partant de zéro dans certains des districts les plus touchés par les violences, étape par étape», et ensuite d'élargir le plan «pour mettre fin aux violences à travers le pays», a expliqué Kofi Annan devant les journalistes à Téhéran, la première étape de sa tournée dans les pays alliés de la Syrie. Il n'a pas donné de détails au sujet du plan.

M. Annan s'est ensuite rendu en Irak, où il a rencontré le premier ministre Nouri Al-Maliki pour discuter des moyens de résoudre la crise en Syrie.

«Je pense que nous avons tous vu la situation tragique en Syrie, les meurtres, la souffrance des gens», a déclaré Kofi Annan à Bagdad. «Et tous ceux à qui j'ai parlé partagent notre inquiétude et notre volonté de faire cesser le bain de sang.»

Le conflit en Syrie a jusqu'ici résisté à toutes les tentatives de médiation de la communauté internationale, et rien ne prouve que le nouveau plan de M. Annan représentera une avancée majeure dans la crise. Le premier plan de paix présenté plus tôt cette année par l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe n'a pas permis d'apaiser la situation sur le terrain.

Même si la violente répression des manifestations par les forces de l'ordre syriennes a fait de Bachar el-Assad un paria international, il bénéficie toujours du soutien d'alliés puissants dont la Russie, l'Iran et la Chine.

La communauté internationale n'est pas disposée à lancer en Syrie une opération militaire semblable à celle qui a permis de déloger Mouammar Kadhafi du pouvoir en Libye, et plusieurs rondes de sanctions et d'autres tentatives pour isoler le régime syrien ont eu peu d'effet sur le terrain.

Mais les efforts de Kofi Annan pour entrer en contact avec les alliés de la Syrie suggère qu'il considère ces pays comme des éléments centraux dans la résolution de la crise.

M. Annan a affirmé mardi que le gouvernement iranien avait offert son soutien pour mettre fin au conflit et qu'il devait «faire partie de la solution».

«Ma présence ici prouve que je pense que l'Iran peut jouer un rôle positif et devrait donc faire partie de la solution dans la crise syrienne», a déclaré M. Annan devant les journalistes après avoir rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi.

M. Annan a affirmé qu'il avait reçu «des encouragements et une coopération» du gouvernement iranien, sans donner de détails. M. Salehi n'a pas dit non plus ce que l'Iran est prêt à faire pour apaiser les violences.

La visite de Kofi Annan en Iran semble indiquer qu'il s'oppose à l'approche adoptée par les États-Unis, qui rejettent la participation de Téhéran dans la résolution de la crise.

D'autres estiment que la tournée de M. Annan dans les pays alliés de la Syrie s'apparente à une trahison.

Rajeh Koury, chroniqueur au quotidien libanais «An-Nahar», a écrit que les actions de Kofi Annan «donnent au régime syrien plus de temps pour accomplir la tâche impossible d'écraser militairement le soulèvement».

«Son insistance à faire de l'Iran une partie de la solution au moment où l'opposition voit l'Iran comme une partie du problème est extrêmement dangereuse», a-t-il écrit.

PLUS:pc