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Feu vert de l'Eurogroupe à un plan d'aide à l'Espagne

10/07/2012 04:44 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

BRUXELLES - Les ministres européens des Finances de la zone euro se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi sur les termes d'un nouveau plan de sauvetage des banques espagnoles. Ils ont précisé que 30 milliards d'euros (environ 36,88 milliards $) pourraient être débloqués d'ici la fin du mois de juillet.

Les ministres se réuniront à nouveau à Bruxelles le 20 juillet pour finaliser l'accord. Ils doivent d'abord obtenir le feu vert de leurs gouvernements ou Parlements, a précisé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Le mois dernier, ils s'étaient déjà mis d'accord sur le déblocage de 100 milliards d'euros pour soutenir le secteur bancaire espagnol, affaibli par des prêts toxiques et l'effondrement de la bulle immobilière.

Dans le cadre de l'accord, les ministres des Finances des 27 pays de l'UE doivent accepter ce mardi de reporter d'un an, jusqu'en 2014, la date-limite pour un retour de l'Espagne à un déficit budgétaire de 3 pour cent.

Il y aura des conditions spécifiques pour certaines banques, et le contrôle du secteur financier sera renforcé, a ajouté M. Juncker.

Le ministre néerlandais des Finances, Jan Kees de Jager, a précisé que cet accord serait bientôt finalisé.

«Nous avons un accord provisoire sur les conditions de renflouement pour un sauvetage des banques espagnoles, a-t-il souligné. Le total sera probablement de 100 milliards d'euros. Certains pays, comme les Pays-Bas, l'Allemagne et la Finlande, doivent solliciter l'approbation de leur Parlement. Nous espérons que cela puisse se faire en une semaine.»

Le montant exact du plan d'aide ne sera probablement pas connu avant septembre, quand l'examen individuel de la situation de chaque banque sera achevé. Les partenaires de Madrid ont conclu que des réformes du secteur financier de l'Espagne «devaient être impitoyablement mises en oeuvre». «Parmi ces réformes figurent un plafonnement des salaires des dirigeants de banques et une interdiction des bonis», a rapporté Jan Kees de Jager.

Les investisseurs saluaient provisoirement cette avancée mardi après-midi. À Madrid, l'indice IBEX a progressé de 1 pour cent à 6756,10 points alors que le taux d'emprunt à dix ans passait de 7,03 pour cent lundi à 6,78 pour cent. En France, le CAC-40 gagnait 0,73 pour cent à 3180,06 points, tandis qu'en Allemagne, le DAX progressait de 0,88 pour cent à 6443,33 points.

Le nouveau ministre grec des Finances, Ioannis Stournaras, a par ailleurs précisé que son pays ferait tout son possible pour réduire ses dépenses, mais il a plaidé pour une mesure similaire à celle de l'Espagne, avec un report de l'échéance pour atteindre les objectifs fixés. «Je pense que l'étendue de la récession justifie que, comme l'Espagne a obtenu un délai supplémentaire, nous en demandions un également», a-t-il déclaré, reconnaissant qu'il était trop tôt pour s'attendre à une décision. Ses homologues ont confirmé qu'il faudra attendre les conclusions des inspecteurs chargés de contrôler la mise en oeuvre du plan d'austérité.

Les ministres des Finances ont par ailleurs réélu Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe pour un mandat de deux ans et demi. Mais celui-ci a fait savoir qu'il démissionnerait d'ici la fin de l'année ou en début d'année prochaine.

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