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Algérie: un militant des droits de l'Homme dénonce les conditions carcérales

10/07/2012 10:13 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Mohamed Smaïn, un militant des droits de l'Homme algérien qui a passé 18 jours en prison, a dressé mardi devant la presse un sévère réquisitoire sur les conditions carcérales dans son pays.

"Les prisonniers m'ont demandé (...) d'informer (le grand public) sur la situation dans la prison", a déclaré Mohamed Smaïn lors d'une conférence de presse à Alger.

"Ce ne sont plus les lois de la République qui gèrent la prison, ce sont le directeur et les gardiens", a dénoncé ce militant de 70 ans.

"Les prisonniers dorment pressés les uns contre les autres faute de place, trois dorment dans les toilettes rendant leur utilisation impossible à partir de minuit et on ne mange que pour ne pas mourir de faim", a-t-il raconté.

"Les récalcitrants sont frappés sur la plante des pieds avec un tuyau en caoutchouc pour ne pas laisser de traces", a-t-il ajouté.

M. Smaïn a indiqué que l'annexe de la prison de Relizane (340 km à l'ouest d'Alger), où il a été détenu, avait été conçue à la base pour 20 personnes à l'époque coloniale. Après l'indépendance en 1962, elle a été réaménagée pour 120 détenus mais actuellement, elle héberge 400 prisonniers, a-t-il précisé.

Si un homme a commis une faute et qu'il a été condamné par la justice, il reste néanmoins un être humain et doit ressortir de prison "comme un être humain et non comme une bête", a-t-il dit.

M. Smaïn avait été condamné à deux mois de prison en janvier 2002 pour "dénonciation calomnieuse" par le tribunal de Relizane à la suite d'une plainte d'un Groupe de légitime défense (GLD), des civils armés par les autorités pour défendre les villages contre les attaques de groupes armés islamistes.

Il n'a été emprisonné que le 19 juin 2012 puis libéré le 6 juillet en vertu d'une grâce présidentielle.

M. Smaïn avait accusé des GLD d'avoir exécuté des sympathisants islamistes et de les avoir enterrés dans des charniers.

Pour sa défense, le chef de ce GLD avait bénéficié du témoignage d'anciens membres de groupes armés repentis affirmant que ces charniers contenaient en réalité les corps de victimes de groupes armés islamistes.

amb/vl

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