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Tunisie: Le mouvement islamiste Ennahdha se prépare pour son 1er congrès public

09/07/2012 01:17 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le mouvement islamiste tunisien Ennahdha, qui est actuellement au pouvoir, tiendra à partir de jeudi son premier congrès public et le neuvième depuis sa naissance, un an et demi après la chute du régime de l'ancien président Ben Ali qui l'avait longtemps réprimé.

C'est le président de la commission supérieure de préparation du congrès, Riadh Chaïbi, qui l'a annoncé ce lundi.

Fondé au début des années 1980 sous l'appellation de Mouvement islamiste tunisien (MTI), le parti de cheikh Rached Ghannouchi, alors interdit, avait tenu ses deux premières assises dans la clandestinité en Tunisie.

Poussés à l'exil, les dirigeants du MTI ayant échappé à la prison ont par la suite dû se réunir à l'étranger pour renouveler leurs instances et définir les stratégies d'action de ce qui deviendra le mouvement Ennahdha.

Pendant trois jours, les 1103 congressistes discuteront de l'approche de l'organisation islamiste quant au nouvel État et à la nature du régime politique devant être instauré en Tunisie.

Selon M. Chaïbi, cette approche devra «impliquer tous les Tunisiens durant la prochaine étape pour assurer la réussite de la transition démocratique».

Elle s'inscrit dans la durée et prévoit nouer des alliances politiques qu'il n'a pas détaillées. «Nous voulons à travers cette philosophie en matière d'alliance parvenir à une convergence stratégique pour les 10 à 15 ans à venir dans le but d'asseoir les fondements d'une démocratie stable irréversible qui barre la voie au retour du despotisme», a expliqué le responsable d'Ennahdha.

Le congrès prendra fin dimanche avec l'élection des nouvelles instances dirigeantes. Pour la première fois en Tunisie, il sera procédé au vote par voie électronique, a-t-il annoncé.

En réponse aux questions des journalistes, le président de la commission supérieure du congrès n'a pas exclu la reconduction du leader d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, à la tête du parti. «La candidature devra être présentée par les congressistes et, le cas échéant, entérinée par le conseil de la choura (consultatif)», a-t-il indiqué.

Quelque 200 importantes personnalités étrangères ont été invitées à assister à la séance inaugurale, qui rassemblera plus de 25 000 personnes.

M. Chaïbi a cité notamment le président du bureau politique du mouvement radical palestinien, Khaled Mechael, le chef du parti islamiste de la Oummah soudanais, Sadok Mehdi (opposition), le président du conseil national de transition libyen, Mustapha Abdeljelil, et le secrétaire général du Front national de libération algérien, Abdelaziz Belkhadem, ainsi que des invités venus des États-Unis, d'Espagne et d'autres pays.

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