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Pour les réfugiés Congolais en Ouganda, l'histoire se répète

09/07/2012 06:10 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

En 2008, Alice Katendo avait fui des violences dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), déjà pour se réfugier en Ouganda, où elle était restée deux ans. Rentrée chez elle, elle ne pensait pas devoir reprendre si vite la route de l'exil.

L'offensive des mutins du Mouvement du 23 mars contre les forces régulières de RDC a chassé des milliers de Congolais en Ouganda ces derniers mois. Et pour Alice Katendo comme pour de nombreux réfugiés, l'histoire se répète.

En 2008, cette mère de six enfants avait fui une rébellion lancée dans l'est de la RDC par le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). L'année suivante, le CNDP avait été intégré à l'armée régulière, mais nombre de ses cadres sont aujourd'hui à la tête de la nouvelle mutinerie.

"La dernière fois, nous sommes restés ici longtemps," raconte Alice Katendo. "J'espère que cette fois ce ne sera que pour quelques mois, mais impossible de savoir".

Depuis le début de la nouvelle rébellion, plus de 30.000 Congolais se sont enregistrés comme réfugiés en Ouganda. Des milliers d'autres attendraient encore d'être officiellement inscrits, affirment des responsables ougandais. Le seul centre de transit de Nyakabande, où se trouve Alice Katendo, abrite 13.000 personnes.

L'afflux de réfugiés a redoublé ces derniers jours à la faveur de nouvelles offensives des mutins. Ces derniers ont pris une série de localités clés aux forces gouvernementales, près de la frontière, forçant au départ non seulement des civils, mais aussi des soldats.

Quelque 600 militaires congolais ont ainsi franchi la frontière la semaine dernière, selon l'armée ougandaise.

Affalés sur l'herbe d'un camp de l'armée ougandaise à Kisoro, le poste militaire ougandais le plus proche de la frontière, des membres d'unités d'élite de l'armée congolaise tirent sur leurs cigarettes ou dorment.

"En stratégie militaire, on appelle souvent ça un retrait tactique," affirme Petit Petit Tamata, un commandant du bataillon 322, entraîné par la Belgique. Deux soldats de son bataillon ont été tués dans les affrontements avec les rebelles, mais il assure que les hommes sont prêts à retourner au combat.

"Nous sommes ici pour l'instant et attendons des instructions de notre gouvernement," poursuit le commandant Tamata. "Mais nous sommes prêts à retourner au Congo (...) nous sommes prêts à nous battre de nouveau."

De l'autre côté de la frontière, les rebelles affirment eux avoir rétabli l'ordre dans les localités qu'ils tiennent désormais.

Pendant la journée, certains réfugiés tentent des aller-retour chez eux en RDC, à la recherche de nourriture. Mais à Nyakabande, beaucoup disent ne pas encore oser. Trop dangereux.

"En y retournant, vous cherchez juste les problèmes," estime Fidel Prince, 18 ans.

Les autorités ougandaises craignent elles que les réfugiés n'arrivent bientôt en plus grand nombre encore, à mesure que les combats se prolongent.

"L'histoire se répète," lâche Ahmed Doka, chef du district de Kisoro. "Nous avons l'expérience des précédentes (crises), mais aujourd'hui, le nombre de réfugiés qui arrivent est à son plus haut et la situation est plus difficile".

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