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Peu de gens touchés par une panne d'Internet dans le monde lundi

09/07/2012 04:59 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - Des centaines de milliers d'internautes étaient susceptibles de souffrir de problèmes de connexion au web, lundi, la police fédérale américaine (FBI) ayant décidé d'interrompre le fonctionnement de serveurs temporaires mis sur pied il y a huit mois pour contrer une fraude en ligne.

Mais finalement, le problème aura été mineur.

On craignait que des milliers d'utilisateurs branchés aux États-Unis et ailleurs aient attendu trop longtemps, ou n'aient pas cru aux messages les avertissant d'un risque de déconnexion en raison d'un logiciel malveillant qui a infecté des ordinateurs de partout sur la planète il y a plus d'un an. Au Canada, environ 9000 abonnés pouvaient être touchés.

Pourtant, les Canadiens étaient beaucoup plus nombreux à lire à propos ce problème en ligne, plutôt que d'en souffrir. Bell Canada estimait qu'environ 1000 de ses clients pourraient être touchés par le logiciel malveillant DNS Changer, mais la réalité aura été tout autre, a déclaré la porte-parole Jacqueline Michelis dans un courriel.

Un autre fournisseur d'accès à Internet, Teksavvy, dit ne pas avoir constaté d'augmentation du nombre d'appels destinés à son service de soutien technique. La compagnie située en Ontario compte 160 000 clients à travers le pays.

Certains responsables du FBI ont mesuré le nombre d'ordinateurs qu'ils estiment être touchés par ce logiciel. Dans la nuit de lundi, ce nombre était évalué à environ 211 000 au Canada, aux États-Unis et en Europe. Pourtant, du côté du FBI, on indiquait, lundi après-midi, que des informations faisaient état d'un nombre peu élevé d'ordinateurs affectés par la mise hors ligne du «filet de sécurité» numérique.

Environ 2,3 milliards de personnes utilisent Internet dans le monde, selon Internet World Stats.

Chris Davis, un Canadien expert en sécurité numérique, se dit d'ailleurs surpris du fait que si peu d'internautes aient été touchés.

«La seule chose que je peux envisager, c'est qu'il s'agit d'utilisateurs vraiment occasionnels, qui n'utilisent pas leur ordinateur tous les jours, peut-être», a dit M. Davis. «Le logiciel malveillant est bien réel.»

Alors que la date butoir approchait, des fournisseurs d'accès Internet, tels AT&T et Time Warner Cable, ont mis en place leurs propres mesures de sécurité pour assurer un accès au web pour les ordinateurs touchés. Chez AT&T, on dit avoir prévu de maintenir l'accès à Internet d'ici la fin de l'année, pour laisser aux utilisateurs infectés une «période de temps adéquate» afin d'éliminer le virus de leur ordinateur.

Le problème a débuté lorsque des pirates ont mis sur pied une arnaque publicitaire en ligne pour prendre le contrôle de plus de 570 000 ordinateurs à travers le monde. Lorsque le FBI a mis fin à leurs activités, l'an dernier, des agents ont réalisé que s'ils éteignaient les serveurs malicieux utilisés pour contrôler les ordinateurs en question, toutes les victimes perdraient leur accès au web.

Le FBI a donc créé deux serveurs provisoires afin de ne pas pénaliser les clients des serveurs visés. La police a aussi mis en ligne un site Web devant aider à résoudre le problème.

Les efforts pour régler l'infection ont été ralentis par plusieurs facteurs: la plupart des utilisateurs d'ordinateurs ne comprennent pas entièrement comment leur appareil fonctionne. Et le monde numérique des virus, des logiciels malveillants, de la fraude bancaire et des arnaques sur Internet semble souvent distant et porte à confusion.

«Les virus informatiques n'existent virtuellement plus aujourd'hui, soutient M. Davis. Autrefois, un virus infectait votre ordinateur, lui causait des problèmes, le poussait à planter et provoquait toutes sortes de problèmes. Il était malicieux pour être malicieux, tout simplement.»

Les pirates modernes utilisent désormais des logiciels malveillants, qui sont beaucoup plus difficiles à détecter pour l'utilisateur moyen.

«Les logiciels malveillants modernes sont conçus pour infecter votre ordinateur. Ils vont ensuite échapper à tous les logiciels de sécurité que vous pourriez vous procurer actuellement», a dit M. Davis.

Selon lui, plus de 100 000 logiciels de ce type sont disséminés sur Internet chaque jour.

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