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Les Sud-Soudanais au Soudan fêtent avec discrétion leur indépendance

09/07/2012 03:07 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

Les Sud-Soudanais vivant au Soudan ont marqué dans la discrétion lundi le premier anniversaire de l'indépendance de leur patrie d'origine, où beaucoup espèrent pouvoir retourner, en dépit des tensions politiques et des obstacles financiers.

Plusieurs centaines de milliers de Sud-Soudanais, souvent réfugiés de la guerre civile (1983-2005) vivent encore au Nord, et une partie d'entre eux ne souhaitent pas quitter un conjoint ou un travail.

Mais près de 40.000 survivent dans des abris de fortune dans des camps de transit insalubres où il attendent, sans ressources, un moyen de transport pour regagner le Sud. "Nous ne fêtons pas" l'indépendance, a expliqué l'un d'eux. "C'est un sujet très sensible".

Le chanoine Sylvester Thomas, doyen de la cathédrale anglicane de Tous les Saints à Khartoum, a indiqué qu'une célébration était prévue dans le district d'Haj Yousif, où se trouvent des camps, et qu'une centaine de personnes étaient attendues.

Des prières d'action de grâce pour la première année devaient y être dites, de même que des prières pour "encourager" les gouvernements des deux pays, a-t-il ajouté.

Les Sud-Soudanais sont majoritairement catholiques, alors que le Soudan est un pays musulman.

Selon le principal diplomate sud-soudanais au Soudan, le chargé d'affaires Kau Nak, aucune cérémonie officielle n'a été organisée à Khartoum pour marquer le premier anniversaire de l'indépendance "en raison de la situation en cours au Soudan".

Le Soudan est secoué depuis trois semaines par un mouvement de contestation inédit contre la hausse des prix, la politique d'austérité et le gouvernement, marqué par une multitude de petites manifestations violemment dispersées.

Dans ce contexte, le gouvernement soudanais n'avait d'ailleurs pas célébré le 30 juin l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir du président Omar el-Béchir en 1989, a souligné M. Nak.

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