La fracturation hydraulique, une technique qui permet d'exploiter des gisements de gaz de schiste, pose un risque pour les sources d'eau potable, montre une étude américaine.

La raison? L'existence de conduits souterrains naturels, affirment le géochimiste Avner Vengosh et ses collègues de l'Université Duke.

Jusqu'à ce jour, les défenseurs de cette technique d'exploitation affirmaient qu'elle était sans danger pour les nappes phréatiques parce que les gisements gaziers se trouvent beaucoup plus bas dans le sol que les réserves en eau.

Or, une étude de la salinité des eaux effectuée dans l'État de la Pennsylvanie conclut qu'il existe bel et bien un lien entre les dépôts de gaz situés à 1600 mètres de profondeur et les nappes phréatiques.

« Des conduits naturels permettent au gaz et à la saumure de migrer en direction d'aquifères peu profonds. » — Avner Vengosh
Ces travaux publiés dans les annales de l'Académie américaine des sciences (PNAS) ont été réalisés à partir de 426 prélèvements d'eau effectués près d'un gisement schisteux.

Si les chercheurs n'ont pas constaté de contamination provenant directement des activités de fracturation, la présence de haut niveau de salinité permet quand même de conclure à l'existence de passages naturels potentiellement dangereux.

« Cela pourrait signifier que des réserves d'eau potable du nord-est de la Pennsylvanie risquent d'être contaminées par des gaz s'échappant des puits d'exploitation des gaz de schiste. » — Avner Vengosh
Cette technique est déjà controversée. De nombreux écologistes affirment qu'elle peut polluer les nappes phréatiques et l'air.

Le saviez-vous?

La méthode de fracturation hydraulique consiste à injecter à très haute pression de grandes quantités d'eau avec du sable et des additifs chimiques pour libérer le gaz contenu dans la couche rocheuse.