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L'avocate de Merah s'étonne du "timing" choisi par TF1 pour diffuser la vidéo

09/07/2012 08:45 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

L'avocate algérienne du père de Mohamed Merah a déclaré lundi que la diffusion par une télévision française d'extraits de discussions entre le tueur et la police française était "une pièce de théâtre" et s'est par ailleurs "étonnée du timing" choisi pour sa diffusion.

Me Zahia Mokhtari s'est dite "étonnée par le timing choisi" par TF1. "Pourquoi les vidéos ne sont pas apparues plus tôt et pourquoi attendre la semaine où je dois me rendre en France pour les remettre à la justice pour diffuser cette vidéo?" s'est interrogée Me Mokhtari qui a estimé que "des personnes dans l'ombre s'agitaient".

La vidéo diffusée dimanche par TF1 "est une pièce de théâtre pour attirer l'attention et orienter l'opinion publique", a indiqué Me Zahia Mokhtari à l'AFP.

"Il y a une totale contradiction entre ce qui est dit dans la vidéo diffusée par TF1 et les vidéos en notre possession", a-t-elle ajouté.

TF1 a diffusé dimanche des extraits où l'on entend Mohamed Merah expliquer ses crimes d'un ton posé.

Ce Franco-Algérien avait abattu entre le 11 et le 19 mars dans le sud-ouest de la France trois militaires d'origine maghrébine et quatre personnes de confession juive, dont trois enfants.

L'avocate a par ailleurs précisé que "toutes information, vidéo ou (tout) document pouvant permettre de faire la lumière sur ce qui s'est passé sont les bienvenus".

Me Mokhtari devrait se rendre le 12 juillet en France pour remettre à la justice française des preuves en sa possession, dont des vidéos qui auraient été filmées par le tueur.

Selon une transcription de ces vidéos, publiée le 12 juin par un journal algérien, Mohamed Merah aurait affirmé avoir découvert durant le siège de son appartement qu'un homme qu'il croyait être son ami était en réalité un agent des services français qui l'aurait manipulé.

La justice française a décidé d'ouvrir une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction. La police des polices a été chargée de mener une enquête administrative et une enquête pénale sur la diffusion de ces enregistrements.

Mohamed Merah avait été abattu le 22 mars par une unité d'intervention de la police, lors de l'assaut de son appartement. Cette affaire avait mis en lumière les lacunes du contre-espionnage français, critiqué pour n'avoir pas pris au sérieux un homme qui s'était rendu notamment au Pakistan et en Afghanistan.

amb/vv/sw

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