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La lutte, sport roi au Sénégal

09/07/2012 05:50 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

La lutte est le sport le plus populaire du Sénégal et se décline sous deux différentes formes, la plus spectaculaire étant celle "avec frappe", qui déchaîne les passions.

La lutte dite "traditionnelle" est une pratique ancestrale qui, à l'origine, opposait les lutteurs des villages voisins après les récoltes. Elle consiste en un corps-à-corps où il faut faire tomber son adversaire pour remporter le combat.

La lutte avec frappe, introduite dans les années 1930, implique la possibilité de frapper avec les poings son adversaire.

C'est elle qui remplit les stades, attire les sponsors, permet aux médias locaux de réaliser des taux d'audience et de vente records et fait passer au second plan tous les événements d'importance nationale.

L'ensemble des techniques de lutte sont gérées, administrativement et sportivement, par le Comité national de gestion de la lutte (CNGL), créé en 1994.

Pour l'organisation des tournois et la mise en place des combats, libre cours est laissé à une poignée de promoteurs privés qui se partagent le gâteau.

Les meilleurs lutteurs signent des contrats avec ces promoteurs, à la manière des meilleurs boxeurs mondiaux, qui cherchent des sponsors pour financer leur activité.

Il existe près de 7.000 lutteurs licenciés auprès du CNGL, répartis dans une trentaine d'"écuries", ou écoles de lutte, mais seule une quarantaine de lutteurs vivent réellement de leurs cachets.

La lutte "avec frappe" a connu une croissance exponentielle ces dix dernières années avec une montée en puissance des sponsors, des promoteurs, mais également de la mise en scène des tournois.

Préparation mystique, marabout, danse... Chaque lutteur possède son cérémonial particulier pour le plus grand bonheur du public.

Lors du dernier grand combat, ayant opposé en avril à Dakar les deux plus grosses têtes d'affiche du moment -Oumar Sakho dit "Balla Gaye 2" et Yakhya Diop dit "Yékini"- ont perçu chacun un cachet de 100 millions de FCFA (plus de 152.000 euros) pour un combat qui n'a duré que quelques minutes mais qui a rassemblé les foules.

Dernièrement, de nombreux problèmes ont fait surface -violence dans les arènes, cachets excessifs, soupçons de dopage, rumeurs sur un désengagement de sponsors- ternissant l'image de la lutte.

Les premières décisions annoncées sont le plafonnement des cachets à 75 millions de FCFA (plus de 114.000 euros) et une réduction du temps accordé à la préparation mystique dans les enceintes des arènes, deux solutions censées enrayer la dégradation de l'image de la lutte "avec frappe".

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