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Des inondations au sud de la Russie font 171 morts

09/07/2012 02:56 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Les autorités locales n'ont pas suffisamment averti la population lors des inondations qui ont fait 171 morts vendredi et samedi dans la région de Krimsk près de la mer Noire au sud de la Russie, a reconnu lundi le ministère russe des Situations d'urgence.

Quelque 30 centimètres de pluies sont tombés par endroits en seulement 24 heures, provoquant des crues qui ont inondé plusieurs milliers d'habitations et emporté des ponts.

Dans le secteur de Krimsk, une ville de 57 000 habitants située à 1200 km au sud de Moscou, l'eau s'est déversée avec une telle violence que les habitants ont accusé les responsables locaux d'avoir ouvert un barrage dans les montagnes dominant la municipalité.

De l'eau a bien été relâchée du réservoir, mais ce déversement n'est pas à l'origine des inondations et le barrage n'a pas subi de dégâts, ont toutefois assuré les autorités russes.

Le président Vladimir Poutine a survolé samedi soir la région en hélicoptère. Les images aériennes de Krimsk diffusées par la télévision montrent une ville partiellement submergée par de l'eau boueuse et dont le stade municipal a été transformé en lac.

Le chef du Kremlin a ordonné à la Commission d'enquête fédérale de lancer des investigations pour déterminer si toutes les mesures avaient été prises pour protéger et informer les gens, selon des enquêteurs fédéraux.

Le ministère des Situations d'urgence a expliqué avoir envoyé des messages d'alerte à la population par SMS.

«Un système pour avertir les habitants avait été mis en place mais, malheureusement, tout le monde n'a pas pu être averti à temps», a déclaré Vladimir Pouchkov, un responsable du ministère, lors d'une réunion. La Commission d'enquête fédérale a également souligné des insuffisances, tandis que la presse russe mettait en cause la négligence des autorités locales.

«Pourquoi autant de morts?», s'interrogeait en une le quotidien pro-gouvernement Komsomolskaïa Pravda. Pour le Moskovski Komsomolets, la «catastrophe aurait pu être prévue et empêchée».

D'après le célèbre éditorialiste Oleg Kashin, «ce n'est pas que la version des événements du gouvernement diffère de celle des victimes, mais ce qui est normal en Russie, c'est de se méfier des autorités pour toute chose, que ce soit une catastrophe naturelle, les élections ou le football».

«Krimsk sera remise en état, des indemnisations seront versées, les morts seront enterrés. Mais convenez que cela ne fera pas disparaître la crise de confiance», a affirmé le journaliste, qui s'exprimait à la radio Kommersant FM.

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