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Criminaliser les homosexuels entrave la lutte mondiale contre le sida (rapport)

09/07/2012 11:05 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

Des lois dans nombre de pays criminalisant l'homosexualité et la séropositivité entravent la lutte contre le sida, gaspillent des ressources précieuses et coûtent des vies humaines, déplore lundi un rapport indépendant commandé par l'ONU.

Ce rapport de la Commission mondiale sur le VIH et le droit se fonde sur des cas établis de mauvaise utilisation par des gouvernements partout dans le monde de leur système juridique pour combattre le sida.

"Un trop grand nombre de pays gaspillent des ressources essentielles en appliquant des lois archaïques qui ignorent la science et perpétuent la stigmatisation" des homosexuels, regrette Fernando Henrique Cardoso, ancien président du Brésil qui préside la Commission.

"Plus que jamais, nous avons la possibilité de débarrasser les générations futures de la menace de l'infection par le virus du sida", poursuit-il. "Nous ne pouvons pas permettre à l'injustice et à l'intolérance d'entraver ces progrès, surtout pas en ces temps de difficultés économiques", plaide l'ancien président brésilien.

Les auteurs de ce document pressent les Etats du monde d'abroger les lois qui criminalisent la transmission du VIH (le virus de l'immunodéficience humaine) ou la non-divulgation de la séropositivité.

Dans plus de 60 pays, exposer un partenaire sexuel au VIH ou lui transmettre le virus constitue une délit criminel. Plus de 600 personnes séropositives dans 24 pays y compris les Etats-Unis, ont été reconnues coupables de tels crimes, précise le rapport.

La Commission appelle par ailleurs les gouvernements à recourir à la loi pour mettre fin à la violence contre les femmes et les jeunes filles, et à résister aux pressions internationales visant à privilégier le commerce aux dépens de la santé de leurs citoyens, notamment pour produire des médicaments de deuxième génération à bas coûts.

Elle recommande aussi la décriminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe, de la prostitution volontaire et de la consommation de drogue pour donner aux populations vulnérables l'accès aux services de santé.

Soixante-dix huit pays criminalisent les relations sexuelles entre les hommes et l'Iran et le Yémen appliquent la peine de mort pour les homosexuels.

Enfin plus d'une centaine de nations pénalisent certains aspects du travail du sexe ce qui empêche ces personnes d'avoir accès aux services essentiels de prévention et de soins contre l'infection avec le VIH.

Pour ce rapport, la commission s'est notamment basée sur les témoignages de plus de mille personnes dans 140 pays.

js/bdx

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