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Conférence: Hollande qualifie d'«obligation» le retour à une croissance forte

09/07/2012 08:55 EDT | Actualisé 08/09/2012 05:12 EDT

PARIS - Le président français François Hollande s'est fait l'apôtre du «compromis positif» en ouvrant lundi à Paris la grande conférence sociale de deux jours, où les organisations syndicales et patronales doivent discuter des moyens pour faire reculer le chômage et la précarité, mais aussi pour financer les retraites et la Sécurité sociale.

«Ma volonté, c'est de faire évoluer notre modèle social pour mieux le garantir», a déclaré le chef de l'État dans son discours d'ouverture au palais d'Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE). «Le moment est venu de mettre la France en mouvement et il n'y a pas de temps à perdre.»

Au détour d'une phrase, François Hollande a glissé que la croissance avait été nulle au premier semestre 2012. Il a qualifié d'«obligation» le retour à une croissance forte pour retrouver un bon niveau d'emploi.

«Je n'admettrai pas qu'un pays comme le nôtre se résigne à considérer le chômage comme une fatalité», a-t-il déclaré, estimant que la période actuelle exigeait «des réponses fortes et nouvelles».

Il a souhaité que le contrat de génération «puisse entrer en vigueur au début de l'année prochaine». Cette mesure est l'une des promesses de sa campagne présidentielle: un employeur qui embauche un jeune en contrat à durée indéterminée (ou CDI) tout en conservant un senior jusqu'à la retraite bénéficiera d'une double exonération de charges.

«Les modalités du contrat de génération devront être simples et efficaces», a prôné lundi le chef de l'État, en exhortant les partenaires sociaux à en discuter concrètement au cours de deux jours de la conférence sociale. «Il vous appartiendra notamment d'indiquer si vous voulez vous emparer de ce sujet pour négocier un accord interprofessionnel avant ou après une loi qui en fixera les principes juridiques nécessaires.»

François Hollande leur a aussi demandé de mener une «réflexion sur contrat de travail». Comme durant sa campagne, il a souhaité que les cotisations chômage soient plus élevées pour les entreprises abusant des contrats précaires que pour celles favorisant les emplois stables.

Le président a ajouté qu'il attendait aussi de leur part «des propositions précises assorties d'un calendrier exigeant» en matière d'égalité professionnelle hommes/femmes.

Après le retour à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant leurs 41 annuités de cotisation, décrété au lendemain de son élection, François Hollande a demandé aux organisations syndicales et patronales d'aborder à présent la question des régimes complémentaires mais aussi de «définir un dispositif qui permettra de financer nos retraites dans la durée». En outre, «il est temps, plus que temps de définir les critères de pénibilité», a-t-il jugé.

Il a considéré qu'il fallait «trouver de nouveaux modes de financement» de la protection sociale. «Je ne considère pas que de faire peser sur le seul travail le coût de notre dépense sociale soit un bon moyen d'assurer la pérennité de nos financements», a-t-il dit, tout en justifiant la prochaine abrogation de la TVA dite sociale, qui devait entrer en vigueur en octobre et qui risquait selon lui de peser sur la consommation.

«Nous devons prendre collectivement notre destin en main, redéfinir le contrat collectif et assurer notre redressement», a-t-il lancé devant les partenaires sociaux. «Les sociétés qui connaissent les performances les plus élevées en termes de croissance mais aussi en terme de progrès social sont celles qui ont su nouer des compromis durables», a-t-il noté, évoquant notamment des compromis entre État et partenaires sociaux, mais aussi entre patronat et syndicats. Il a loué l'idée du «compromis positif» qui permettra selon lui à la France de «sortir par le haut des épreuves» qu'elle traverse.

Il a également défendu sa conception de la démocratie sociale. «Je confirme ici que je souhaite, si le Parlement y consent et si les partenaires sociaux y adhèrent, inscrire dans notre Constitution le rôle du dialogue social et la place des grandes organisations représentatives», a déclaré le chef de l'État. «Il n'y aura pas de loi dans le domaine de la vie économique et sociale qui pourrait être votée par le Parlement sans qu'il y ait eu une phase de dialogue et de concertation.»

Il a donné rendez-vous «dans un an» aux organisations syndicales et patronales pour dresser un premier bilan des actions qui auront été amorcées par cette grande conférence sociale.

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