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Tunisie: un parti islamiste pro-charia réunit ses militants

08/07/2012 12:07 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

Un parti islamiste tunisien, le Front de la réforme, qui prône l'application de la charia, a réuni dimanche à Tunis pour la première fois ses militants et a appelé les autorités à renoncer à la séparation du religieux et du politique.

Le chef de ce mouvement autorisé depuis le mois de mars, Mohamed Khouja, a expliqué à l'AFP s'être adressé à l'Assemblée nationale constituante "pour que la charia soit inscrite comme l'unique source de législation" en Tunisie.

"La séparation entre la religion et le politique est une grande erreur, car la politique, c'est la gestion des affaires des gens", a ajouté Foued Ben Salah, membre du bureau politique du parti.

Devant quelque 300 militants réunis au Palais des Congrès de Tunis, les responsables du parti ont présenté leur programme, qui vise à l'instauration en Tunisie d'un Etat islamique.

Interrogé par l'AFP sur les violences déclenchées en juin par de jeunes salafistes, M. Khouja a indiqué souhaiter les attirer afin que ces derniers participent à la vie politique.

"Beaucoup de jeunes n'ont pas trouvé quelqu'un qui les écoute. Nous les comprenons, et pour cela nous essayons de les attirer et de les encadrer", a-t-il dit, estimant qu'ils devaient participer sur le terrain politique "à la construction de la nouvelle Tunisie".

L'Assemblée nationale constituante qui doit achever d'ici à octobre la rédaction d'une nouvelle Constitution est dominée par une coalition tripartite rassemblant les islamistes d'Ennahda et deux partis de centre-gauche, le Congrès pour la république et Ettakatol.

En mars, Ennahda, principale formation politique du pays, avait annoncé que la charia ne serait pas inscrite dans la loi fondamentale tunisienne, au grand soulagement de ses partenaires dans la coalition.

Interrogé sur une éventuelle alliance, M. Khouja a laissé la porte ouverte.

"Une alliance avec des partis dont la référence est l'islam est probable s'il y a des projets en faveur du peuple et du pays. Si ces partis se trompaient, nous leur dirions qu'ils commettent des fautes et nous essayerions de les corriger", a-t-il dit.

Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, était présent à la réunion du Front de la réforme mais ne s'est pas exprimé devant les militants.

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