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Qu'est-ce qui fait courir Arturo Brachetti?

08/07/2012 10:00 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Même s'il a enchaîné des dizaines de représentations de son spectacle en France, en Italie et en Autriche depuis quelques mois, Arturo Brachetti ne s'offrira pas de vacances cet été.

Pendant la belle saison, le transformiste italien promènera son spectacle «Arturo Brachetti fait son cinéma» à travers le Québec — tout ça en attendant d'amorcer sa percée du côté de New York et en caressant le projet d'ouvrir un restaurant à Montréal.

Dans cette nouvelle production mise en scène par Serge Denoncourt, l'homme qui se métamorphose plus vite que son ombre se glissera dans la peau d'environ 80 personnages — de Spider-Man à Harry Potter en passant par Liza Minnelli — afin d'offrir un «zapping théâtral du cinéma du XXe siècle».

S'il a l'air d'un gamin hyperactif sur scène, il n'en demeure pas moins qu'Arturo Brachetti est aux portes de la soixantaine. Il n'est cependant pas près de songer à la retraite et met tout en oeuvre afin que la mécanique ne lui fasse pas défaut.

«Gilbert Rozon dit que je suis l'artiste le plus ascète qu'il a jamais connu, et je pense que c'est vrai», a-t-il lancé au bout du fil lors d'une entrevue qu'il avait accordée en novembre dernier, au moment où sa tournée québécoise a été annoncée.

«Je soigne mon corps, je fais de la gym, je suis une diète, je mange toujours du riz blanc avec rien, des légumes, de la viande sans sauce», a-t-il raconté.

Son grand ami et fidèle complice, le metteur en scène Serge Denoncourt, rigole en songeant aux repas qu'ils ont partagés ensemble au fil du temps.

«Il ne pourrait pas faire ce métier-là s'il ne faisait pas attention. J'aime beaucoup manger, j'aime le vin rouge, et quand on se retrouve ensemble au restaurant, lui boit son eau, mange sa salade», a confié celui qui pourrait devenir son partenaire d'affaires en restauration et qui, comme Arturo Brachetti, préfère ne pas trop dévoiler de détails à ce sujet.

«Il s'entraîne et il fait très attention parce que c'est une performance excessivement sportive qu'il a à faire tous les soirs et je pense que sa carrière, son spectacle, son art, c'est la chose la plus importante pour Arturo, a-t-il poursuivi. Il ne mettra pas ça en danger pour un verre de vin.»

La rigoureuse discipline à laquelle s'astreint Arturo Brachetti est un héritage de ses six années passées comme élève dans un séminaire italien. Né à Turin en 1957, il a appris les rudiments de la prestidigitation avec un curé illusionniste.

«Toute cette mentalité du sacrifice, de souffrir un peu pour gagner beaucoup, ça m'est resté dans la tête même si je ne suis plus religieux.»

Mais ces sacrifices sont largement compensés par le sentiment d'exaltation que procure la scène. Arturo Brachetti, véritable bête de scène, parle d'un «rapport physique» avec le public et n'hésite pas à qualifier de quasi charnelle sa relation avec le public qui se déplace pour le voir à l'oeuvre.

«Même si je n'ai pas d'histoire d'amour, si j'ai le spectacle, ça me suffit amplement. Je ne suis pas marié, je n'ai pas d'enfants, et je ne pourrais pas en avoir, je pense. Des enfants, ça demande beaucoup d'énergie et j'en dédie trop à mon travail», a-t-il confié.

«Et puis je pense que de toute façon, on est déjà trop dans le monde! Et j'ai des neveux qui vont peut-être être contents d'avoir eu un oncle comme moi!»

La tournée québécoise d'Arturo Brachetti s'amorcera le 11 juillet à Montréal, avec une première médiatique, et se terminera le 29 septembre à Drummondville. L'horaire des représentations est disponible sur le site Internet créé pour l'occasion.

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