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Parlement jordanien amende la loi électorale sans satisfaire les islamistes

08/07/2012 02:21 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

Les députés jordaniens ont amendé dimanche une loi électorale contestée, réservant davantage de sièges aux candidats affiliés à un parti, sans pour autant satisfaire l'opposition islamiste, qui a menacé de boycotter des élections anticipées prévues en 2012.

Les amendements révisent à la hausse le nombre de sièges à pourvoir par des candidats présentés par un parti ou une coalition, de 17 à 27" a indiqué à l'AFP le député Khalil Attieh.

Cette décision porte le nombre de sièges au Parlement de 140 à 150, dont 15 réservés aux femmes, a-t-il ajouté.

Après l'adoption en juin de la nouvelle loi électorale, les puissants Frères musulmans avaient regretté une "loi arriérée et provocatrice", indiquant qu'ils prévoyaient de boycotter les élections anticipées .

Le numéro deux des Frères musulmans jordaniens, Zaki Bani Rsheid, a estimé dimanche que les amendements à cette loi "sont dignes d'une cour de maternelle. Ils ne permettent pas de démarrer un vrai processus de réformes politiques".

Le mouvement islamiste doit se réunir jeudi pour décider de maintenir ou non son appel au boycott des élections.

Le roi jordanien Abdallah II a ordonné au Parlement d'augmenter le nombre de sièges destinés aux partis afin de "permettre le développement de la vie politique dans le pays", appelant les islamistes à participer au scrutin.

Le Front national de la réforme, mené par l'ancien Premier ministre et chef du renseignement Ahmad Obeidat, a également appelé à un boycott dimanche, décrivant la loi électorale comme "un véritable obstacle aux réformes".

Selon cette loi, les électeurs devront choisir deux bulletins: un pour des candidats individuels dans leur gouvernorat et un pour les partis politiques ou coalitions dans la nation entière.

Mais seuls 27 sièges sont disputés par des candidats représentant des partis politiques ou des coalitions, le reste étant attribué à des candidats non affiliés.

La Jordanie a été touchée par des manifestations, petites mais régulières, dans la foulée du Printemps arabe, en faveur de réformes politiques qui ouvriraient la voie à un système dans lequel le Premier ministre serait issu d'un Parlement élu et non plus nommé par le roi.

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