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Inondations mortelles en Russie: Vladimir Poutine ordonne une enquête

08/07/2012 05:32 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

KRIMSK, Russie - Le président russe Vladimir Poutine a rapidement agi pour tenter de contenir la colère de la population face à la mort d'au moins 153 personnes dans les fortes inondations qui ont touché la région de la mer Noire (sud).

Les rues des villes se sont transformées en des rivières boueuses et des milliers de maisons ont été inondées alors que leurs résidants y dormaient.

Le président Poutine, qui a fait l'objet de critiques par le passé pour avoir tardé à réagir ou donné l'impression qu'il était indifférent aux désastres, a survolé samedi soir la région inondée, déterminé à démontrer qu'il prenait la situation en main.

Il a notamment ordonné au patron de l'agence nationale d'investigation russe d'évaluer s'il y avait eu suffisamment d'efforts déployés pour prévenir les habitants de ces inondations. Des procureurs fédéraux ont aussi indiqué qu'ils enquêtaient à savoir si la population avait bel et bien été protégée des «catastrophes naturelles et technologiques».

La Russie a été le théâtre de nombreux désastres dans les dernières années, désastres causés naturellement ou par la main humaine. Les structures vieillissantes et les manquements aux règles de sécurité ont bien souvent été blâmés dans ces catastrophes.

Des pluies diluviennes sont tombées sur la région, atteignant par endroit plus d'une trentaine de centimètres en moins de 24 heures. Une telle quantité est cinq fois supérieure à la moyenne mensuelle, a indiqué l'agence officielle de météorologie.

Les inondations ont durement touché la ville de Krimsk tôt samedi, tant et si bien que certains sinistrés alléguaient qu'une telle puissance du débit de l'eau ne pouvait s'expliquer que par l'ouverture des vannes d'un réservoir d'eau situé dans les montagnes dominant la ville.

Les autorités locales s'en sont défendues, affirmant qu'il était techniquement impossible de les ouvrir.

Or, des enquêteurs fédéraux ont reconnu dimanche que l'eau s'était naturellement déversée du réservoir, mais ils ont insisté sur le fait que ce n'était pas là la cause des inondations, ajoutant que le barrage n'avait pas été endommagé. Selon eux, le problème a été causé par les pluies torrentielles et soudaines.

Selon le ministère russe de l'Intérieur, au moins 153 corps avaient été retrouvés dimanche, dont 139 à Krimsk (1200 km au sud de Moscou), ville de 57 000 habitants, la plus touchée.

Le président Poutine a dit avoir survolé samedi soir la région en hélicoptère et a déclaré ne pas avoir observé de dommages sur le réservoir d'eau. Il a par ailleurs déjà dépêché ses ministres des services d'urgence pour une mission d'inspection, une preuve supplémentaire des inquiétudes concernant l'état de la structure.

M. Poutine ne s'est toutefois pas entretenu avec des sinistrés.

Les images aériennes de Krimsk diffusées par la télévision montrent une ville partiellement submergée d'eau boueuse, avec le stade municipal transformé en lac.

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