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Grèce: Antonis Samaras obtient un mandat du parlement pour sa politique pro-euro

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AFP

Le nouveau Premier ministre grec Antonis Samaras a obtenu dimanche le mandat du parlement pour appliquer sa politique centrée sur les privatisations, destinée à convaincre les ministres des Finances de la zone euro qui se réunissent lundi que la Grèce est repartie sur la bonne voie.

A la tête d'une coalition gouvernementale pro-européenne, M. Samaras, chef du parti de droite Nouvelle-Démocratie (ND), a reçu le soutien des 179 députés appartenant aux trois partis qui soutiennent ce gouvernement (ND, Pasok socialiste, Gauche démocratique Dimar) sur les 300 que compte le parlement.

Après trois jours d'intenses débats sur les façons d'apaiser la rigueur, dictée par les créanciers, Union Européenne (UE) et le Fonds Monétaire International (FMI), ce vote conforte M. Samaras à quelques heures de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles.

Les ministre des Finances devraient une nouvelle fois plancher sur la gravité de la situation hellène, ainsi que sur l'aide à Chypre et les banques espagnoles.

"L'objectif du gouvernement est de garantir la place de la Grèce dans la zone euro, en réponse à ceux qui veulent la saper", a souligné M. Samaras durant le débat parlementaire qui s'est ouvert vendredi.

Dimanche, le Premier ministre a vivement répliqué aux attaques d'Alexis Tsipras, chef de l'opposition de la gauche radicale Syriza qui l'accuse "de brader le pays" et d'avoir renoncé à renégocier l'austérité stricte imposées à la Grèce par les créanciers.

"La seule voie pour échapper à la faillite passe par la croissance et les investissements dans le pays, alors que vous, vous parlez toujours de plus d'Etat", lui a-t-il lancé en clôture des débats.

"Vous nous accusez d'avoir abandonné l'objectif de renégociation. J'ai déjà souligné qu'on veut la renégociation surtout pour apaiser la rigueur, mais elle sera difficile", a-t-il reconnu.

Il a souligné la nécessité d'accélérer les réformes réclamées par les créanciers, UE et FMI, et surtout le vaste programme de privatisations, promis mais jamais réalisé par les gouvernements précédents.

"Nous avons annoncé de grands projets de privatisations, on nous a accusé de bradage, mais c'est un argument populiste. L'exploitation des biens publics va se faire pour échapper à la faillite et sortir de la crise", a affirmé M. Samaras qui s'était engagé vendredi à aller "au delà" de la liste prévue dans le plan UE-FMI.

Détaillée samedi soir au Parlement par le ministre des Finances Yannis Stournaras, cette liste comprend les sociétés publiques d'électricité (DEI), des eaux (Eydap) ou de la poste (Elta) mais aussi des aéroports, chemins de fer, ports ou des petits hôpitaux régionaux.

Le gouvernement est prêt à prendre des mesures pour attirer des investisseurs, comme par exemple "de donner la possibilité au Fonds hellénique des privatisations d'être payé par des obligations de l'Etat grec", a indiqué M. Stournaras.

Pour preuve de bonne volonté, la vente de quatre Airbus gros porteurs A340-300 de l'ancienne compagnie publique Olympic Airways, négociée depuis l'an dernier avec la société américaine Apollo Aviation group, a été confirmée officiellement dimanche par le gouvernement, au prix de 32,9 millions d'euros.

Critiquant vivement l'orientation générale du gouvernement, la qualifiant d'"annonce de vente des biens publics par une agence immobilière", M. Tsipras a accusé le gouvernement de continuer la politique de rigueur un "crime politique et économique" selon lui, qui "va conduire le pays à la faillite et au retour à la drachme".

"Vous êtes pro Merkel, et Berlin est tout ce qu'il y a de plus antieuropéen en ce moment", a lancé M. Tsipras dimanche à l'adresse du Premier ministre, qui appartient effectivement à la même famille politique que la chancelière allemande.

Le Syriza, qui prône un moratoire sur le paiement de la dette, "n'est pas une menace pour l'euro, mais pour les marchés et le lobby bancaire", a souligné M. Tsipras. "Les choix du ministre des Finances Yannis Stournaras vont être douloureux pour le peuple", a-t-il ajouté.

Outre Syriza, les députés du parti communiste (KKE), des Grecs indépendants (nationaliste) et de Chryssi Avghi (Aube dorée, néonazis) ont voté contre la politique du gouvernement de coalition de M. Samaras.

M. Stournaras avait été le premier à reconnaître que la Grèce était mal placée pour exiger quoi que ce soit de ses créanciers.

Le ministre a souligné que le pays devrait respecter les mesures prévues dans le plan UE-FMI avant de demander un report des délais "afin de ne pas mettre en danger la poursuite des versements prévus".

Il s'est entretenu dimanche matin avec les dirigeants de la troïka, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors de la Commission européenne, qui doivent communiquer l'état des déficits grecs et des avancées des réformes à Bruxelles.

M. Stournaras a déjà dit qu'il s'attendait à passer un moment difficile lors de l'Eurogroupe lundi à Bruxelles.

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