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Au moins 37 morts en Syrie, Kofi Annan lundi à Damas

08/07/2012 09:12 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

Les autorités syriennes ont annoncé la venue lundi à Damas de l'émissaire international Kofi Annan, chargé par l'ONU et la Ligue arabe de trouver une solution pacifique au conflit en Syrie qui a encore fait au moins 37 morts dimanche.

Dans le même temps, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé à une transition politique dans ce pays pour épargner "une agression catastrophique" et répété que les jours des soutiens au régime du président Bachar al-Assad étaient comptés.

Si les violences cessent et qu'une transition politique est engagée, "il y aura une chance d'épargner à la nation syrienne une agression catastrophique qui serait dangereuse pour le pays mais aussi pour la région", a insisté Mme Clinton devant la presse en marge d'une conférence internationale à Tokyo.

Mais elle a estimé que Damas freinait jusqu'à présent les efforts de M. Annan. "Il n'y a eu aucun mouvement du régime syrien pour respecter" le plan de M. Annan, a-t-elle insisté.

Dans une récente interview, l'émissaire international a lui-même reconnu que ses efforts avaient pour l'instant échoué et qu'il n'était pas garanti qu'ils aboutissent un jour.

Kofi Annan a ainsi prôné une implication de l'Iran, un allié majeur de Damas, une idée à laquelle Américains et Européens se sont jusqu'à présent opposés, en raison notamment du conflit qui les oppose à Téhéran sur son programme nucléaire.

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a annoncé dimanche à l'AFP que M. Annan était attendu lundi à Damas, "dans le cadre de sa mission, pour des discussions avec les responsables syriens au sujet de son plan" de sortie de crise.

M. Annan avait récemment évoqué un projet de visite à Damas, sa troisième depuis le début de sa mission, sans préciser de date.

Sur le terrain, l'armée syrienne a repris ses bombardements dans l'est et le nord du pays, et a lancé des attaques coordonnées sur Qousseir et Rastane, deux bastions rebelles dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, les violences ont fait au moins 37 morts, pour moitié des civils et pour moitié des combattants, a ajouté à la mi-journée l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Samedi, les opérations des forces de l'ordre et les combats entre soldats et rebelles avaient fait au moins 77 morts (39 civils, 25 soldats et 13 rebelles), selon la même source.

Dimanche avant l'aube, de "violents combats" ont opposé soldats et rebelles près de Qousseir, près de la frontière libanaise, tandis que l'armée pilonnait la ville et les villages environnants, a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, l'offensive a commencé samedi après-midi contre les lignes de défense établies par l'Armée syrienne libre (ASL) à Qousseir, près de la frontière libanaise. Des dizaines d'explosions ont retenti et des obus de mortier sont tombés dans le centre, où des combats ont eu lieu dans les rues.

Une attaque similaire a eu lieu à Rastane, mais les forces gouvernementales ont également dû reculer face à la résistance des rebelles, selon l'OSDH.

Dans le reste du pays, cinq civils dont trois enfants ont péri dans des bombardements dans la province de Deir Ezzor (est), et six autres ont été tués par des tirs dans le village de Sahel al-Ghad (centre), selon la même source.

Depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, les violences ont fait plus de 17.000 morts en Syrie, dont près des deux-tiers des civils non-combattants, selon un dernier bilan de l'OSDH.

Paradoxalement, ces violences se sont intensifiées depuis l'entrée en vigueur officielle le 12 avril du cessez-le-feu prévu par le plan Annan, avec près de 6.000 morts pour cette seule période, selon l'OSDH.

Compte tenu des restrictions imposées à la presse par les autorités syriennes et de la décision de l'ONU de ne plus comptabiliser les morts, il est impossible d'obtenir un bilan des violences de source indépendante.

Vendredi, les pays arabes et occidentaux réunis pour la conférence des Amis du peuple syrien à Paris avaient réclamé une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU, assortie de menaces de sanctions, pour faire plier M. Assad.

am/fc/hj

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