NOUVELLES

Au moins 35 morts en Syrie, appel pressant de Clinton pour une transition

08/07/2012 06:20 EDT | Actualisé 07/09/2012 05:12 EDT

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé à une transition politique en Syrie pour épargner "une agression catastrophique" pour le pays, où les bombardements de l'armée et les combats ont déjà fait au moins 35 morts dimanche.

"Il doit être clair que les jours sont comptés pour ceux qui soutiennent le régime" du président syrien Bachar al-Assad, a déclaré Mme Clinton aux journalistes en marge d'une conférence internationale à Tokyo.

Si les violences cessent et qu'une transition politique est engagée, "il y aura une chance d'épargner à la nation syrienne une agression catastrophique qui serait dangereuse pour le pays mais aussi pour la région", a-t-elle ajouté.

Mais elle a estimé que Damas freinait jusqu'à présent les efforts menés par l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan pour tenter de trouver une solution pacifique et politique à la crise. "Il n'y a eu aucun mouvement du régime syrien pour respecter" le plan de M. Annan, a-t-elle insisté.

Dans une récente interview, M. Annan a lui-même reconnu que ses efforts avaient pour l'instant échoué et qu'il n'était pas garanti qu'ils aboutissent un jour.

L'émissaire international a prôné une implication de l'Iran, un allié majeur de Damas, une idée à laquelle Américains et Européens se sont jusqu'à présent opposés, en raison notamment du conflit qui oppose Téhéran aux Occidentaux sur son programme nucléaire.

Sur le terrain, l'armée syrienne a repris ses bombardements dans l'est et le nord du pays, et a lancé des attaques coordonnées sur Qousseir et Rastane, deux bastions rebelles dans la province de Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, les violences ont fait au moins 35 morts, dont une moitié de civils et une moitié de combattants, a ajouté à la mi-journée l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Samedi, les opérations des forces de l'ordre et les combats entre soldats et rebelles avaient fait au moins 77 morts (39 civils, 25 soldats et 13 rebelles), selon la même source.

Dimanche avant l'aube, de "violents combats" ont opposé soldats et rebelles près de Qousseir, près de la frontière libanaise, tandis que l'armée pilonnait la ville et les villages environnants, a déclaré à l'AFP le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, l'offensive a commencé samedi après-midi contre les lignes de défense établies par l'Armée syrienne libre (ASL) à Qousseir, près de la frontière libanaise. Des dizaines d'explosions ont retenti et des obus de mortier sont tombés dans le centre, où des combats ont eu lieu dans les rues.

"Il y a un mois et demi, ils avaient déjà essayé de nous faire reculer et nous avons réussi à les faire sortir de la ville. Nos hommes vont reprendre le contrôle de la situation", a déclaré au correspondant Abou Ahmad, un rebelle venu donner son sang à l'hôpital de Qousseir, où les blessés ont afflué.

Une attaque similaire a eu lieu à Rastane, mais les forces gouvernementales ont également dû reculer face à la résistance des rebelles, selon l'OSDH.

Les forces gouvernementales ont aussi mené des bombardements sur Aazaz (nord), sur plusieurs quartiers de Homs et sur des villages de la province de Deir Ezzor (est), où elles ont tué cinq habitants, dont trois enfants, a ajouté l'OSDH.

Et dans le village de Sahel al-Ghad (centre), six civils ont été tués par des tirs, selon la même source.

Depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, les violences ont fait plus de 17.000 morts en Syrie --11.815 civils (dont certains combattants), 4.316 membres des forces gouvernementales et 881 déserteurs, selon un dernier bilan de l'OSDH.

Paradoxalement, ces violences se sont intensifiées depuis l'entrée en vigueur officielle le 12 avril du cessez-le-feu prévu par le plan Annan, avec près de 6.000 morts pour cette seule période, selon l'OSDH.

Compte tenu des restrictions imposées à la presse par les autorités syriennes et de la décision de l'ONU de ne plus comptabiliser les morts, il est impossible d'obtenir un bilan des violences de source indépendante.

Vendredi, les pays arabes et occidentaux réunis pour la conférence des Amis du peuple syrien à Paris avaient réclamé une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU, assortie de menaces de sanctions, pour faire plier M. Assad.

am/fc/sw

PLUS:afp