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Syrie: Kofi Annan appelle les puissances à travailler ensemble

07/07/2012 10:42 EDT | Actualisé 06/09/2012 05:12 EDT

PARIS - L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, souhaite que les pays qui ont des intérêts dans la région travaillent ensemble pour éviter un éclatement du pays et une situation «incontrôlable».

Dans un entretien publié samedi dans le quotidien français Le Monde, l'ancien secrétaire général de l'ONU estime notamment que l'Iran «devrait faire partie de la solution».

«Des efforts importants ont été déployés pour essayer de résoudre cette situation de manière pacifique et politique», remarque Kofi Annan après trois mois de mission pour tenter de faire cesser les violences en Syrie.

Mais «à l'évidence, nous n'avons pas réussi, observe-t-il dans Le Monde, et peut-être n'y a-t-il aucune garantie que nous allons réussir».

Interrogé sur l'influence de Moscou, allié du régime de Damas qui a refusé jusqu'ici de condamner la répression meurtrière du soulèvement et d'appeler au départ du président Bachar al-Assad, Kofi Annan observe que «la Russie comme beaucoup d'autres pays impliqués dans ce dossier, a des intérêts en Syrie et dans la région».

«N'est-il pas souhaitable que ces pays trouvent le moyen de travailler ensemble, pour s'assurer que la Syrie n'éclate pas en morceaux, qu'elle ne répande pas les problèmes chez ses voisins, et éviter qu'elle crée une situation incontrôlable dans la région pour tout le monde», demande-t-il.

«La Russie a de l'influence mais je ne suis pas certain que les événements seront déterminés par la Russie seule», confie par ailleurs Kofi Annan, qui évoque le cas du régime iranien. «L'Iran est un acteur. Il devrait faire partie de la solution. Il a de l'influence et nous ne pouvons pas l'ignorer», souhaite-t-il.

«Ce qui me frappe, c'est qu'autant de commentaires sont faits sur la Russie, tandis que l'Iran est moins mentionné et que, surtout, peu de choses sont dites à propos des autres pays qui envoient des armes, de l'argent et pèsent sur la situation sur le terrain», ajoute Kofi Annan.

«Tous ces pays prétendent vouloir une solution pacifique, mais ils prennent des initiatives individuelles et collectives qui minent le sens même des résolutions du Conseil de sécurité».

L'épisode de l'intervention militaire en Libye l'an dernier pèse aussi sur le conflit syrien, ajoute Kofi Annan. «La manière dont la 'responsabilité de protéger' a été utilisée sur la Libye a créé un problème pour ce concept», dit-il. «Les Russes et les Chinois considèrent qu'ils ont été dupés: ils avaient adopté une résolution à l'ONU, qui a été transformée en processus de changement de régime».

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