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Près de Khartoum, des Sud-Soudanais rêvent d'un retour au pays

07/07/2012 01:54 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Dans le camp Dar es Salam, près de Khartoum, des centaines de Sud-Soudanais vivent entassés dans des abris de fortune. Coincés du "mauvais" côté de la frontière, ils attendent désespérément de pouvoir rentrer dans leur pays, qui a fait sécession il y a un an.

"Nous ne voulons pas d'argent, nous voulons simplement partir", se plaint une femme qui vit depuis plusieurs mois dans le camps poussiéreux et sans eau courante, où elle partage une hutte avec les 10 membres de sa famille.

Autour de Khartoum, une quarantaine de "points de départ" semblables à celui de Dar es Salam abritent environ 38.000 personnes, selon les estimations des Nations unies.

"La principale requête de ces gens est le rapatriement vers le Soudan du Sud", explique Philippa Candler, du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

Les Nations unies estiment à 500.000 le nombre de Sud-Soudanais qui se trouvent encore au Soudan, mais selon l'organisme gouvernemental soudanais chargé des personnes déplacées (IDP), ils ne sont plus que 200.000.

Beaucoup d'entre eux sont nés dans le Nord ou y ont grandi après avoir fui le Sud avec leurs familles durant la guerre civile qui s'est achevée en 2005 par un accord qui a permis au Soudan du Sud d'accéder à l'indépendance le 9 juillet 2011 après un référendum.

Les Sudistes restés dans le Nord sont dans une situation administrative délicate, les autorités soudanaises les ayant sommés de s'enregistrer comme résidents ou bien de quitter le territoire avant la date limite du 6 avril.

"Désormais, nous sommes des étrangers", déplore sous couvert de l'anonymat un Sud-Soudanais employé d'une église. "Nous vivons ici comme des otages".

Des négociations entre les deux Etats arbitrées par l'Union africaine sont en cours notamment pour résoudre l'épineuse question des déplacements de population.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné jusqu'à début août aux deux pays pour trouver une solution.

Mais selon les organisations humanitaires, rien n'est prévu pour organiser le retour de ceux qui souhaitent aller au Soudan du Sud. Quant à ceux qui veulent rester, ils ne savent pas très bien comment régulariser leur statut.

Jill Helke, qui dirige l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Soudan, estime qu'aucun des deux gouvernements n'a fait le nécessaire pour les aider.

Ainsi l'ambassade du Soudan du Sud à Khartoum a commencé, en avril seulement, à délivrer les documents d'identité nécessaires à l'obtention d'un permis de résidence dans le Nord.

"Nous ne savons pas si certains sont réellement parvenus à régulariser leur statut", a admis Mme Candler, précisant que c'était encore trop tôt pour le savoir, beaucoup ayant reçu leurs papiers récemment.

Ceux qui veulent quitter le Soudan ne savent pas comment ils vont y parvenir. En mai et juin dernier, l'OIM a rapatrié par avion jusqu'à Juba, capitale du Sud, environ 12.000 Sudistes qui patientaient depuis des mois à Kosti, dans le Nord.

Mais selon l'OIM, le cas de Kosti est "exceptionnel", l'organisation étant à cours de fonds.

"C'est là le principal problème" estime Ismail Ibrahim, consultant pour le IDP, qui faciliterait le retour des Sudistes si le Soudan du Sud ou d'autres pays lui en fournissaient les moyens.

Certains Sud-Soudanais ont dû vendre leurs affaires personnelles pour s'acheter un billet d'avion, indique le chanoine Sylvester Thomas, responsable de la All Saints Episcopal Cathedral à Khartoum.

Un billet coûte plusieurs milliers de dollars en raison de l'interruption des vols directs entre Khartoum et Juba en avril.

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