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L'Erythrée juge infondées les sanctions américaines contre deux de ses militaires

07/07/2012 01:46 EDT | Actualisé 06/09/2012 05:12 EDT

L'Erythrée a jugé infondées les sanctions imposées par les Etats-Unis à deux colonels érythréens accusés d'avoir des liens avec les rebelles somaliens liés à Al-Qaïda, dans un communiqué publié samedi.

Les deux militaires ont été désignés "non pas parce qu'il y a une parcelle de vérité ou de preuve matérielle concernant les fausses accusations accumulées contre eux", mais plutôt parce que les Etats-Unis veulent donner l'impression de durcir leur régime de sanctions, affirme le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Erythrée estime que les Etats-Unis n'ont pas réussi à établir la vérité et qualifie les sanctions de "sinistre stratagème".

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir ajouté deux colonels érythréens, Tewolde Habte Negash et Taeme Abraham Goitom, à leur liste noire des six personnes visées par des sanctions américaines pour leur contribution au conflit qui ravage la Somalie depuis plus de vingt ans.

Selon Asmara, ce geste est une tentative de Washington pour déstabiliser l'Erythrée.

"Les actes hostiles (...) font partie de la politique américaine pour déstabiliser l'Erythrée et saper sa souveraineté et son intégrité territoriale en fonction d'objectifs régionaux peu judicieux", affirme le ministère.

"Le gouvernement érythréen encourage tous les gouvernements (...) à faire en sorte que le Conseil de Sécurité de l'ONU et les autres institutions de l'ONU ne soient pas instrumentalisés de manière inappropriée et illégale par les Etats-Unis pour mener leur politique erronée contre l'Erythrée", est-il ajouté dans le communiqué.

L'Erythrée est visée depuis 2009 par des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU à cause de son action déstabilisatrice en Somalie.

Ce pays de la Corne de l'Afrique est de plus en plus isolé depuis un rapport de l'ONU en 2011 qui l'accusait de soutenir les rebelles shebab en Somalie et d'avoir aussi projeté un attentat à la bombe contre le siège de l'Union africaine à Addis Abeba.

L'Erythrée est régulièrement accusée de fournir des armes aux islamistes somaliens shebab, qui combattent le fragile gouvernement de transition somalien soutenu par la communauté internationale. Asmara dément.

La Somalie est dépourvue d'autorité centrale depuis l'effondrement du régime du président Siad Barre en 1991 et l'instabilité politique alimente depuis une violence permanente dans le pays.

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