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Un casque bleu tué dans un affrontement avec les rebelles dans l'est du Congo

06/07/2012 06:03 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - Un casque bleu des Nations unies a été tué par un obus dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où les rebelles ont pris le contrôle d'un passage frontalier stratégique vers l'Ouganda, a annoncé un responsable vendredi.

Le casque bleu originaire de l'Inde a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi, quand des rebelles du groupe M23 ont donné l'assaut sur la ville frontalière de Bunagana, a déclaré le porte-parole de l'ONU au Congo, Madnodje Mounoubai.

«Je confirme la mort d'un casque bleu indien qui travaillait pour la mission des Nations unies au Congo», a-t-il dit. «Il a été touché par un obus durant une attaque des mutins du M23 à Bunagana la nuit dernière.»

La paix fragile dans l'est de la RDC a volé en éclats en avril, quand une unité de l'armée menée par le général Bosco Ntaganda, un ex-rebelle, a fait défection.

Les mutins se sont enfuis dans la forêt, où ils se sont regroupés sous le nom de M23, en référence au 23 mars 2009, date à laquelle les anciens rebelles ont signé un accord avec le gouvernement congolais leur permettant d'être intégrés dans l'armée nationale.

Après avoir pris le contrôle des sommets des collines de la région, les rebelles se sont emparés cette semaine du village stratégique de Jambo, coupant l'accès au passage frontalier de Bunagana qui mène en Ouganda et au Rwanda. Dans la nuit de jeudi à vendredi, ils ont finalement pris le contrôle de Bunagana, selon un porte-parole des rebelles et un résidant de la ville qui a réclamé l'anonymat par crainte de représailles.

«Nous avons pris la ville de Bunagana ce matin vers 6 h, mais nous ne prévoyons pas y rester», a déclaré un porte-parole du M23, Vianney Kazarama, joint par téléphone dans l'est de la RDC. «Nous envisageons d'y laisser notre police pour assurer la sécurité, mais nous allons retourner à nos positions initiales dans les collines environnantes. Nous n'avons pas besoin de prendre des villes et des villages même si nous en contrôlons plusieurs maintenant. Nous demandons seulement au gouvernement de Kinshasa de répondre à nos demandes, qui sont connues de tous.»

Selon un rapport des Nations unies, les rebelles du M23 sont dirigés par Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale et soutenu par le Rwanda, ce que Kigali nie.

L'armée congolaise, notoirement sous-équipée, semble avoir du mal à contenir la rébellion. Le porte-parole de l'armée ougandaise, le capitaine Peter Mugisa, a déclaré vendredi qu'environ 600 soldats congolais avaient trouvé refuge en Ouganda après un violent affrontement avec les rebelles.

Selon le capitaine Mugisa, les soldats congolais sont sous la garde de l'armée ougandaise et ils ne veulent pas rentrer dans leur pays pour l'instant, craignant d'être massacrés par les rebelles.

Les analystes craignent que ce nouveau conflit ne fasse replonger la RDC dans les violences, qui venaient pourtant tout juste de s'apaiser.

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