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Tunisie: le chef de la BCT attend toujours de savoir s'il est limogé

06/07/2012 10:18 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Le gouverneur de la Banque centrale tunisienne (BCT) a indiqué vendredi toujours attendre de savoir si son limogeage en juin par le chef de l'Etat sera confirmé, tout en dénonçant à demi-mot des manoeuvres politiciennes sur ce dossier qui témoigne des tensions en Tunisie.

Le gouverneur, Mustapha Kamel Nabli, a ainsi affirmé devant la presse que le président Moncef Marzouki n'avait toujours pas donné d "explications claires et convaincantes à l'opinion publique concernant le limogeage du responsable d'une institution sensible comme la BCT".

"Le dossier de mon limogeage (le 27 juin) a été présenté jeudi à l'Assemblée nationale constituante (ANC) et j'attends ce qu'elle va décider", a ainsi indiqué M. Nabli, farouche défenseur de l'indépendance de la BCT.

En effet, l'ANC, qui fait office de Parlement, doit approuver ou rejeter la décision de la présidence.

Il a ensuite martelé que les institutions comme la BCT devaient rester hors des tiraillements politiques, alors que les désaccords et tensions se multiplient entre le gouvernement, dominé par les islamistes, et la présidence.

"Il faut respecter les institutions tunisiennes et les protéger du danger de la soumission en faveur des calculs politiques étroits (...). Les institutions tunisiennes doivent être en dehors des conflits politiques", a-t-il dit.

"Malheureusement on se retrouve dans les plus mauvaises situations en introduisant la BCT dans les tiraillements politiques", a-t-il renchéri.

Pour certains commentateurs, M. Nabli fait les frais des tensions actuelles entre la présidence et le gouvernement.

En effet, l'annonce surprise de son limogeage faisait suite à celle de l'extradition dimanche de l'ex Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, ordonnée par le chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali sans l'aval de la présidence.

Néanmoins, M. Nabli était sur la sellette depuis plusieurs mois. Farouche défenseur de l'indépendance de la BCT, il se refusait notamment à tout recours à la "planche à billets".

kl/alf/sw

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