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Tour de France - Le Tour s'aventure sur le Mont-Terrible

06/07/2012 09:21 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Le Tour de France arpentera dimanche pour la première fois les côtes pentues du canton suisse du Jura, lors d'une étape qui fait honneur au nom de cette région sous la Révolution, à l'époque où elle appartenait à la France et s'appelait le département du Mont-Terrible.

Un parcours de moyenne montagne inédit, court et dense de 157,5 kilomètres, avec sept cols au programme: l'étape de Porrentruy réserve autant de surprises que de pièges pour les favoris du Tour.

"Elle est très dangereuse", estime l'Espagnol Alejandro Valverde, qui a reconnu le parcours en avril dernier.

"Sur le papier, l'étape ne fait pas peur, aucun col ne dépassant les 1.000 mètres. Mais elle peut s'avérer décisive", prévient l'ancien coureur Christophe Moreau, le régional de l'étape puisque le peloton s'élancera de sa ville de Belfort pour rejoindre Porrentruy, la petite cité suisse où il habite depuis une dizaine d'années.

"C'est une étape intermédiaire comme on les aime, avec tous les ingrédients pour qu'il y ait du spectacle et du mouvement. Elle pourrait devenir mythique et faire parler d'elle pendant de nombreuses années", renchérit auprès de l'AFP le Belfortain qui connaît ces routes par coeur.

"On ne pourra peut-être pas gagner le Tour dimanche à Porrentruy, mais peut-être le perdre ou du moins perdre du temps", résume-t-il.

La vedette du tracé jurassien est sans conteste le col de la Croix, que le peloton découvrira pour la première fois. Le Tour de Romandie et celui de l'Avenir se sont déjà attaqués à cette ascension très courte, de moins de quatre kilomètres, mais par paliers, sur une route très étroite et surtout avec des pourcentages qui dépassent les 17% par endroits.

Le canton du Jura a constitué le département français du Mont-Terrible de 1793 à 1800, avant d'être rattaché au département du Haut-Rhin. A la chute de Napoléon, après le Traité de Vienne en 1815, le canton de Berne, germanophone et protestant, a hérité de cette région francophone et majoritairement catholique.

Les Jurassiens se sont longtemps battus pour se séparer du canton de Berne et constituer un canton à part entière, parfois en chahutant la tranquillité helvétique avec des actions coup de poing. Ils ont obtenu gain de cause lors d'un plébiscite en 1974 qui leur a permis de devenir en 1979 le dernier né des cantons suisses, soit le 26e.

Pour les Jurassiens, l'arrivée du Tour constitue une occasion unique de faire parler de leur région. "Ce qui nous intéresse est de nous faire connaître en France", explique Pierre-Alain Berret, porte-parole du canton et membre du comité d'organisation de l'étape.

"Nous sommes devenus la région suisse la plus proche de Paris", ajoute-t-il en soulignant que le TGV Rhin-Rhône, dont la gare se trouve entre Belfort et Porrentruy, a été inauguré en décembre dernier: "Grâce au TGV, nous ne sommes plus qu'à deux heures trente de la capitale française. Pour nous, il y a un évident potentiel touristique et économique."

arz/jm/bvo

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