NOUVELLES

Syrie: manifestations au coeur des fiefs rebelles bombardés (ONG)

06/07/2012 12:22 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Au moins 53 personnes, en majorité des civils, ont péri vendredi selon une ONG dans les violences en Syrie, où des manifestations contre le régime ont eu lieu dans des bastions rebelles, comme à Qousseir (centre), a constaté un correspondant de l'AFP.

Parmi les morts figurent 35 civils, notamment à Alep (nord), Deraa (sud) et à Homs (centre), ainsi que 14 soldats et quatre rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des manifestations se sont déroulées à Qousseir, ville rebelle bombardée en permanence depuis des mois, selon le correspondant de l'AFP.

Près de 300 personnes ont défilé dans les rues après la prière musulmane du vendredi. "Nous n'avons pas peur des tempêtes, nous apprenons à mener à bien notre barque", lit-on sur une pancarte faisant référence à la rébellion.

"J'ai perdu mon enfant il y a 10 jours et plusieurs de mes proches et de mes amis dans les bombardements", affirme Saleh Mahmoud Sadir, médecin à l'hôpital de Qousseir.

"Grâce à leurs sacrifices, ça vaut la peine de se battre contre le régime criminel qui nous gouverne. Bachar al-Assad, nous t'écraserons et vivrons de nouveau en paix", lance-t-il en référence au président syrien.

"On meurt et le monde regarde ailleurs. Pourquoi personne ne nous aide? Pourquoi le monde leur permet de nous massacrer?", s'insurge-t-il.

Comme chaque vendredi, jour traditionnel de manifestations depuis le début de la révolte en mars 2011, les militants anti-régime avaient appelé à des rassemblements, cette fois sous le slogan "la guerre de libération populaire".

La mobilisation coïncidait avec une réunion de pays arabes et occidentaux à Paris qui ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante comportant une menace de sanctions contre Damas, au moment où le monde apprenait la défection d'un très haut gradé proche de Bachar al-Assad.

Dans la ville de Deir Ezzor (est), des manifestations "massives" ont été réprimées par les forces de sécurité qui ont tiré en direction de la foule dans le quartier al-Joura, selon l'OSDH.

Des affrontements entre rebelles et armée ont par ailleurs éclaté dans le quartier de Kafar Soussé à Damas, et en banlieue, dans Hajar al-Aswad.

Dans la province de Deraa notamment, cinq civils ont été tués dans la localité de Nawa, selon l'ONG.

Un militant se présentant sous le nom de Louaï Rachdane a affirmé à l'AFP que les rebelles de "l'Armée syrienne libre ont attaqué à l'aube un immeuble abritant la sécurité militaire, provoquant de nombreux dégâts".

"Les forces du régime ont alors riposté en bombardant violemment un quartier de Nawa où se sont réfugiés des rebelles", estimant à 40 le nombre d'obus qui s'y sont abattus. Des militants ont fait état de "corps carbonisés et d'autres sous les décombres".

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), l'armée traquait les rebelles à Khan Cheikhoune selon l'agence officielle Sana qui les qualifie de "terroristes".

"Equipés uniquement d'armes légères, ils (les rebelles) ne peuvent pas résister face à une armée bien équipée et décidée à prendre d'assaut la ville", a expliqué de son côté un militant qui se présente sous le nom de Noureddine el-Abdo contacté par l'AFP via Skype.

Jeudi, les violences ont fait au moins 90 morts, dont 63 civils, selon l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Il est impossible d'obtenir un bilan de source indépendante depuis que l'ONU a cessé fin 2011 de comptabiliser les victimes du conflit syrien.

bur-ram/sk/vl

PLUS:afp