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Ottawa réclame des sanctions plus sévères contre le régime syrien d'El-Assad

06/07/2012 12:56 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le Canada a fait front commun avec les États-Unis dans une offensive diplomatique, vendredi, blâmant la Russie et la Chine pour le blocage de toute résolution susceptible de mener à un départ du président de la Syrie, Bachar el-Assad.

Le pays est depuis près d'un an et demi le théâtre d'affrontements sanglants entre militants anti-gouvernement et forces du régime.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, ainsi que d'autres hauts représentants d'une centaine de pays, étaient réunis à Paris vendredi, en soutien au plan de transition du pouvoir en Syrie qu'a dévoilé la semaine dernière le médiateur des Nations unies dans le dossier, Kofi Annan.

Le plan forcerait dans un premier temps le président el-Assad à déclarer un cessez-le-feu, pour ensuite amorcer une transition du pouvoir, dont il serait exclu.

Aucun dignitaire de Moscou et de Pékin n'a pris part à la rencontre de vendredi.

Le ministre Baird a déclaré plus tard que la Russie avait éclipsé la Chine et s'imposait désormais comme le principal obstacle à un départ éventuel du président el-Assad. Les deux pays, qui siègent au Conseil de sécurité de l'ONU, n'ont cessé d'avoir recours à leur droit de veto pour bloquer systématiquement les sanctions votées contre le régime syrien.

«Je crois que nous sommes tous conscients que la Russie fait figure d'obstacle principal dans le dossier», a affirmé M. Baird lors d'une conférence téléphonique, vendredi.

«On ne parle pas simplement de bloquer les sanctions du Conseil de sécurité, mais bien de permettre au régime de se maintenir. Ils doivent réfléchir au rôle qu'ils souhaitent avoir dans un monde civilisé», a-t-il poursuivi.

M. Baird faisait ainsi écho à la secrétaire d'État Hillary Clinton, qui a eu des mots particulièrement durs à l'égard de Moscou et de Pékin. Il a par ailleurs affirmé à des journalistes que Mme Clinton s'était montrée plus incisive que jamais dans ses propos lors de la conférence de Paris.

La secrétaire d'État américaine a exhorté les autres pays à rehausser d'un cran leur pression diplomatique auprès de la Russie et de la Chine.

Selon Mme Clinton, ces deux pays ne semblent pas avoir conscience des conséquences de leurs actes dans le dossier de la Syrie.

En Syrie, des militants anti-régime faisaient état d'un alourdissement du bilan des morts.

Ceux-ci ont déclaré que les forces d'El-Assad avaient tué au moins 25 personnes, en plus d'en avoir arrêté une vingtaine d'autres et d'avoir mis le feu à des dizaines de maisons. Les forces de sécurité ont également pris le contrôle d'une ville du nord des mains des rebelles, selon des opposants au régime.

La rencontre à Paris se déroulait peu de temps après la défection d'une figure importante de l'armée syrienne, le brigadier-général Manaf Tlass, membre de l'élite de la garde républicaine et fils d'un ancien ministre de la Défense. Il s'agit du militaire le plus haut gradé à avoir déserté les rangs de l'armée syrienne dans les 16 mois d'affrontements sanglants au pays.

Des militants estiment que le bilan des victimes a maintenant dépassé le cap des 14 000 morts.

Le ministre Baird a aussi indiqué que le Canada verserait un autre million de dollars en aide humanitaire pour la Syrie.

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