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Manifestations "massives" anti-régime à Deir Ezzor malgré les violences (ONG)

06/07/2012 08:03 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Des manifestations "massives" réclamant la chute du régime du président syrien Bachar al-Assad se déroulaient vendredi à Deir Ezzor dans l'est du pays, faisant fi de la répression dans cette ville rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au total, 29 personnes -- 13 civils, 14 soldats et deux rebelles -- ont été tuées dans les violences vendredi, jour traditionnel de manifestations depuis le début de la révolte en mars 2011.

Les militants anti-régime avaient appelé à manifester pour réclamer la chute du régime sous le slogan "la guerre de libération populaire", selon la page Facebook "The Syrian Revolution 2011".

Dans le quartier al-Joura à Deir Ezzor, les forces de sécurité ont tiré en direction des manifestants pour tenter de disperser la foule. Un rassemblement s'est déroulé également dans le quartier d'al-Aardi qui était pilonné par les troupes gouvernementales, selon l'OSDH.

Par ailleurs, dans la même province, des manifestants ont défilé dans deux points de la ville de Boukamal, selon l'ONG qui fait état de la "défection de huit soldats, avec leurs armes, du bataillon de la défense aérienne" dans la région.

Sur le front des combats, des affrontements entre rebelles et armée ont éclaté dans le quartier de Kafar Soussé à Damas, et en banlieue, dans Hajar al-Aswad. Cela n'a pas empêché une manifestation de se dérouler dans la matinée à Kafar Soussé.

La majorité des victimes de vendredi ont péri à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest) et Alep (nord).

Dans la province de Deraa notamment, cinq civils ont été tués dans la localité de Nawa "pilonnée violemment par les forces du régime", selon l'ONG.

Un militant qui se présente sous le nom de Louï Rachdane a affirmé à l'AFP que les rebelles de "l'Armée syrienne libre ont attaqué à l'aube un immeuble abritant la sécurité militaire, provoquant de nombreux dégâts".

"Les forces du régime ont alors riposté en bombardant violemment un quartier de Nawa où se sont réfugiés des rebelles", estimant à 40 le nombre d'obus qui s'y sont abattus.

Des militants ont fait état de "corps carbonisés et d'autres sous les décombres".

Face à la répression, la contestation s'est militarisée au fil des mois, dégénérant en conflit armé, notamment entre les troupes syriennes et l'Armée syrienne libre (ASL), force d'opposition armée créée par des déserteurs.

Dans la province d'Idleb, au moins huit soldats sont morts dans une explosion ayant visé un véhicule de transport de troupes à Maaret al-Noomane, bombardée depuis le matin. Un civil et deux rebelles ont également été tués dans cette zone, selon l'OSDH.

Jeudi, le pilonnage des fiefs rebelles et les combats entre soldats et rebelles avaient fait au moins 90 morts, dont 63 civils, selon cette organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins.

Il est impossible d'obtenir un bilan de source indépendante depuis que l'ONU a cessé fin 2011 de comptabiliser les victimes du conflit syrien.

rd-ram/cco

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