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Les parlementaires roumains destituent le président Traian Basescu

06/07/2012 04:34 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

BUCAREST, Roumanie - Les parlementaires roumains ont voté par une large majorité, vendredi, en faveur de la destitution du président Traian Basescu, ouvrant la voie à un référendum national qui pourrait mener au renvoi du dirigeant controversé et de plus en plus impopulaire.

Le vote des parlementaires, à 256 contre 114, survient alors que M. Basescu et le premier ministre Victor Ponta sont engagés dans une lutte de pouvoir. Leurs machinations, et en particulier leurs tentatives d'influencer le pouvoir judiciaire, suscitent les inquiétudes de l'Union européenne.

Les opposants de Traian Basescu l'accusent d'avoir outrepassé son autorité en interférant dans les travaux du gouvernement et dans les affaires judiciaires. L'ancien capitaine de bateau âgé de 60 ans est aussi accusé d'avoir fait des commentaires racistes et discriminatoires envers les Roms et les personnes handicapées.

Le président du Sénat, Crin Antonescu, assumera le rôle de président par intérim puisque M. Basescu a été suspendu de ses fonctions. M. Antonescu a précisé qu'un référendum populaire sur le sort de M. Basescu serait organisé le 29 juillet.

Traian Basescu, président depuis huit ans, a déjà été destitué par les parlementaires en 2007, mais il a survécu au référendum populaire. Depuis, sa popularité a considérablement diminué et son maintien au pouvoir pourrait être plus difficile cette fois-ci.

Cette semaine, le gouvernement de M. Ponta a changé des lois pour faciliter le renvoi du président. Un majorité simple des votes exprimés est désormais requise pour le destituer, alors qu'auparavant, il fallait une majorité de tous les électeurs inscrits.

Lors du vote des parlementaires sur la destitution du président, des centaines de Roumains se sont rassemblés dans le centre de Bucarest pour célébrer la nouvelle, alors que d'autres ont exprimé leur déception.

Contrairement à la fonction de président dans de nombreux pays européens, la présidence roumaine est loin d'être une fonction cérémoniale. Le président est élu par un vote populaire et il est responsable de la politique étrangère, des services de renseignement et des politiques de défense.

Traian Basescu affirme qu'il a guidé la Roumanie à travers la crise financière de 2008, amélioré les relations avec la Moldavie (qui a fait partie de la Roumanie jusqu'en 1940) et fait de la Roumanie un partenaire fiable de l'OTAN et des États-Unis.

Plus tôt vendredi, M. Basescu s'est adressé aux parlementaires et a nié les allégations de comportement autoritaire qui le visent. En ce qui concerne ses commentaires racistes et discriminatoires, M. Basescu a affirmé qu'il avait le droit de s'exprimer librement et qu'il ne pouvait être destitué seulement à cause de ses déclarations.

Cette semaine, le premier ministre Ponta a adopté un décret réduisant les pouvoirs de la Cour constitutionnelle sur les lois adoptées par le Parlement. Au cours des dernières semaines, M. Ponta a aussi ignoré un jugement de la Cour constitutionnelle affirmant que c'est le président, et non le premier ministre, qui doit représenter la Roumanie au sommet de l'Union européenne.

Ces gestes ont suscité l'inquiétude des alliés de la Roumanie.

La Commission européenne, l'organe exécutif de l'Union européenne, a appelé vendredi le gouvernement roumain à respecter l'indépendance de la justice et la primauté du droit, qu'elle qualifie de «piliers de la démocratie européenne» essentiels à la «confiance mutuelle».

Face à ces inquiétudes, le premier ministre Ponta a affirmé que les autorités s'assureraient que le référendum sur la destitution du président soit organisé conformément aux lois.

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