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Le Soudan du Sud doit apporter "les bénéfices de l'indépendance" à son peuple (Tutu)

06/07/2012 03:08 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

L'archevêque sud-africain Desmond Tutu a prévenu vendredi à Juba que les citoyens du Sud-Soudan devraient commencer à "voir les bénéfices de l'indépendance", acquise il y a un an, sous peine d'une instabilité accrue dans le jeune pays.

"Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les gens vont arriver à bout de patience s'ils ne commencent pas à voir certains bénéfices de l'indépendance", en matière d'accès à l'éducation, aux soins etc., a déclaré Mgr Tutu, prix Nobel de la paix, devant la presse.

"Si ces choses ne surviennent pas dans un délai raisonnable, vous pouvez être assuré de récolter des troubles, et toutes ces choses que nous ne voulons pas voir arriver", a-t-il poursuivi.

L'archevêque anglican sud-africain et les ex-présidents finlandais et irlandais, Martti Ahtisaari et Mary Robinson, se sont rendus au Soudan du Sud pour rencontrer notamment le président sud-soudanais Salva Kiir. Ils iront ensuite au Soudan voisin.

Les trois personnalités sont membres du groupe de sages des Anciens ("Elders"), présidé par Desmond Tutu, un collectif international d'anciens responsables politiques qui promeut la paix et les droits de l'Homme dans le monde.

Cette visite survient alors que le Soudan et le Soudan du Sud ont repris depuis jeudi à Addis Abeba leurs négociations pour résoudre les différends qui empoisonnent encore leurs relations, dont la délimitation de la frontière et le partage de la manne pétrolière.

Le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts des réserves de brut du Soudan d'avant partition mais reste tributaire du Nord pour l'exporter. Or, les deux voisins ne s'entendent pas sur les droits de passage.

Depuis des mois, les négociations piétinent. Juba et Khartoum, que des décennies de guerre civile ont opposés, ont même été près d'un nouveau conflit ouvert au printemps.

"Je crois que les deux présidents (du Soudan du Sud et du Soudan) doivent être conscients, en particulier ici dans le Sud, des aspirations de leur peuple. Les populations ne restent tranquilles qu'un certain moment" si ces aspirations ne sont pas satisfaites, a insisté Mgr Tutu.

"Nous espérons réellement que notre modeste intervention aura encouragé le président Kiir et son gouvernement à reconnaître que la paix est primordiale. C'est le préalable absolu pour pouvoir apporter à la population ce qu'elle attendait de l'indépendance", a conclu l'archevêque.

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