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Le candidat du PRI déclaré vainqueur de l'élection présidentielle au Mexique

06/07/2012 11:10 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

MEXICO - L'élection présidentielle mexicaine a été remportée par candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, qui dispose d'une avance de 6,6 points de pourcentage sur son plus proche rival, a annoncé vendredi l'Institut fédéral électoral (IFE) après un recomptage partiel des urnes.

Les autorités électorales sont arrivées à ce résultat après avoir recompté plus de la moitié des urnes ayant servi au scrutin. Enrique Peña Nieto a obtenu 38,21 pour cent des voix, contre 31,59 pour cent pour le candidat de gauche, Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD).

Le PRI, un parti de centre-gauche, a dominé la vie politique mexicaine pendant 70 ans, de 1929 à 2000, avant d'être évincé cette année-là par le Parti d'action nationale (PAN) du président sortant Felipe Calderon.

Quelque 79,4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes le 1er juillet pour choisir un président, 500 députés de la chambre basse du Congrès, 128 sénateurs, les gouverneurs de six États et les maires de plusieurs villes, dont la capitale. Le président est élu pour un mandat non renouvelable de six ans.

M. López Obrador a annoncé qu'il contesterait en justice les résultats de la présidentielle la semaine prochaine, en se fondant sur l'allégation selon laquelle le PRI aurait procédé à une campagne massive d'achat de votes qui aurait influencé l'issue du scrutin. Les responsables du PRI réfutent cette allégation.

«Des rivières d'argent obtenu illicitement ont été utilisées pour acheter des millions de votes», a déclaré M. López Obrador lors d'une conférence de presse vendredi. Il a aussi affirmé que le recomptage des urnes n'avait pas été fait de façon complète tel que promis.

La candidate de droite Josefina Vazquez Mota, du PAN, a obtenu 25,41 pour cent des votes, tandis que le candidat du parti Nouvelle Alliance (centre-gauche), Gabriel Quadri de la Torre, a obtenu 2,29 pour cent, dépassant de justesse la barre des deux pour cent nécessaire pour que le parti puisse se présenter aux prochaines élections.

Près de 2,5 pour cent des bulletins ont été annulés. Même si certains électeurs mexicains invalident leur bulletin de vote en signe de protestation, plusieurs d'entre eux font aussi des erreurs qui conduisent à l'annulation de leur vote.

Le résultat final doit encore être certifié par le Tribunal fédéral électoral en septembre. Cette instance a refusé par le passé d'invalider des scrutins contestés, dont l'élection présidentielle de 2006.

Les allégations d'achat de vote ont commencé à faire surface en juin, mais elles se sont accrues cette semaine quand des milliers de personnes se sont précipitées dans les supermarchés de la chaîne Soriana en périphérie de Mexico pour échanger les cartes-cadeaux prépayées qui leur auraient été offertes par le PRI. Plusieurs clients ont déclaré aux journalistes qu'ils avaient dû remettre une photocopie de leur carte d'électeur pour obtenir une carte-cadeau.

Andrés Manuel López Obrador a affirmé que des millions d'électeurs avaient reçu des cartes-cadeaux, de l'argent, des matériaux de construction ou des appareils électriques domestiques en échange de leur vote. Il n'a pas exclu de nouvelles grandes manifestations comme celles qu'il a menées en 2006 pour protester contre la fraude électorale alléguée. Cette année-là, il avait perdu l'élection présidentielle de justesse au profit de Felipe Calderon.

Mais vendredi, il a affirmé que la contestation des résultats passerait d'abord par des moyens judiciaires.

«Nous avons agi et nous continuerons d'agir de façon responsable en adhérant aux procédures judiciaires. Personne ne pourra dire que nous violons la loi», a dit M. López Obrador.

Le président de l'IFE, Leonardo Valdes, a affirmé qu'il ne voyait pas de raison suffisante pour annuler le scrutin.

«Je ne vois aucune justification au rejet des résultats de l'élection», a-t-il dit. «Rejeter les résultats reviendrait à rejeter les efforts de 50 millions d'électeurs.»

M. Valdes a néanmoins affirmé que l'IFE avait ouvert une enquête sur le dossier des cartes-cadeaux et demandé au PRI et à la chaîne Soriana de fournir des informations à ce sujet.

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