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L'Afrique de l'Ouest "en première ligne" et sans vrais moyens face à Aqmi (Macky Sall)

06/07/2012 03:58 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

L'Afrique de l'Ouest est "en première ligne" face à la menace des mouvements jihadistes au Sahel mais "n'a pas les moyens militaires pour faire face seule", a déclaré vendredi le président sénégalais Macky Sall sur la chaîne LCI.

Les groupes armés dominés par les islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui occupent le nord du Mali constituent "une menace pour toute la sous-région mais particulièrement pour le Sénégal", a estimé M. Sall au premier jour d'une visite en France, au cours duquel il a été reçu par le président François Hollande.

"Aujourd'hui c'est l'Afrique de l'Ouest qui est en première ligne. Mais (elle) n'a pas les moyens militaires seule de faire face", a-t-il dit, en soulignant que "ce qui se passe au nord Mali mérite toute l'attention de la communauté internationale".

"Aucun pays, en tout cas africain, ne peut faire face seul à la menace terroriste puisque nous avons des frontières poreuses": "il est extrêmement difficile pour nos pays, sans moyens d'investigation poussés, sans surveillance satellitaire, sans surveillance aérienne permanente combinée au contrôle terrestre, d'assurer l'étanchéité de la frontière", a déclaré Macky Sall à la presse.

Le Sénégal "occupe une position stratégique privilégiée. Il y a des Occidentaux au Sénégal, donc il est aisé de comprendre que s'ils (les jihadistes) arrivent à percer, évidemment ils vont s'en prendre au Sénégal et aux intérêts étrangers et français notamment au Sénégal. Donc la menace concerne le monde entier".

Le nouveau président sénégalais a salué "l'important travail" accompli par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour rétablir les conditions de la sécurité au Mali.

"La Cédéao agit aujourd'hui à Ouagadougou pour renforcer et élargir les bases du gouvernement malien de façon à lui permettre de stabiliser le pouvoir de transition, et donc de faire face à la nécessité de reconquérir le nord". Mais avant cette reconquête, "il faudra détruire l'arsenal militaire qui vient de Libye, qui vient d'ailleurs et qui est énorme", a-t-il relevé.

Selon Macky Sall, la formation d'un gouvernement à Bamako ne devrait prendre que "trois jours, une semaine". Après cela, "ce gouvernement fera appel à la Cédéao dont les forces sont prêtes. A partir de ce moment, on pourra demander la force internationale".

Lors d'un sommet samedi à Ouagadougou, le président burkinabè Blaise Compaoré et plusieurs chefs d'Etat de la région - mais pas du Mali - doivent retrouver des représentants de la classe politique et de la société civile malienne en vue de mettre en place un "gouvernement d'union nationale" dans ce pays.

Dans un communiqué commun, les présidents français et sénégalais ont appelé "tous les Etats de la région à coordonner leurs efforts pour lutter contre le terrorisme".

Ils ont "rappelé leur ferme condamnation des destructions de patrimoine religieux et culturel survenues à Tombouctou, illustration de la folie destructrice des groupes terroristes occupant le Nord du Mali", en se félicitant de la dénonciation émanant des Nations Unies.

La Cédéao est disposée à envoyer une force militaire au Mali afin de reconquérir le nord du pays, mais attend pour cela un feu vert des autorités maliennes et de l'ONU.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, dans une résolution jeudi, a indiqué "soutenir pleinement" les efforts de la Cédéao et de l'Union africaine pour régler la crise, mais ne leur a pas encore donné de mandat onusien pour déployer une force africaine contre les rebelles qui contrôlent le Nord.

nou-npk/jms

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